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Le desserrement immobilier parisien au profit des communes de première couronne : ADIL 93 En 2001, l’analyse des transactions immobilières ayant été réalisées sur le territoire de la Seine St Denis permet de dresser le constat suivant: les acquéreurs sont originaires pour 60% d’entre-eux de la Seine-Saint-Denis et pour 17% de Paris. Cette proportion non négligeable d’acquéreurs parisiens sur le département de la Seine-Saint-Denis, et en particulier sur certaines communes, nous amène à réfléchir sur ce phénomène. L’objet de cette note est donc d’analyser et de comprendre le phénomène de desserrement immobilier parisien au profit des communes de la première couronne séquano-dyonisienne, de le dater, d’en déterminer les contours géographiques, d’en calculer les proportions et d’en prévoir les conséquences, sur l’ensemble du territoire départemental. Source : base de données des notaires / Biens I- Un phénomène original et ancien ? A – Un desserrement propre à la Seine St Denis ? La première interrogation concerne les contours géographiques du desserrement parisien, quelles sont les communes d’Ile-de-France qui profitent de ce phénomène, est il exclusivement sequano-dyonisien ou est-ce une tendance qui traverse également le Val de Marne et les Hauts-de-Seine ? Sur ce plan, nous disposons de relativement peu d’éléments détaillés. Au regard de ces chiffres, mettant en exergue le dynamisme immobilier de la Seine-Saint-Denis comparé aux baisses des volumes des ventes des autres département de la région Ile-de-France, nous pouvons déduire que ce phénomène est spécifique à la Seine-Saint-Denis. B – Un phénomène récent ? Nous érigeons un postulat : il y a desserrement parisien à partir du moment où plus d’un quart des acquéreurs d’appartements en Seine-Saint-Denis ont pour origine géographique Paris, et ce sur au moins deux années. Seules les communes du pourtour direct des arrondissements parisiens semblent concernées par ce phénomène. Part des appartements achetés sur le pourtour parisien dont l’acquéreur a pour origine géographique Paris Ces observations faites, on peut constater que Bagnolet, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais se dégagent nettement avec une attraction des parisiens relativement ancienne (1992) et récurrente. Les agences immobilières situées sur le villes concernées par ce desserrement confirment l’ancienneté de ce phénomène, lié à l’envolée des prix parisiens.
II –Un desserrement généralisé à toutes les communes du pourtour parisien ? A – Une demande ciblée Les agences immobilières révèlent une forte demande sur certaines communes mais relativement peu satisfaite compte tenu de la pénurie des offres. Les Lilas et le Pré St Gervais sont deux communes très recherchées car bénéficiant d’une image valorisante : les agences immobilières soulignent que l’aspect « villageois » et la proximité de Paris sont des facteurs très appréciés. Les Lilas notamment abritent encore quelques maisons de villes, à moins de 10 minutes du métro. La clientèle parisienne afflue à la recherche de ce type de bien qui offre de l’espace. La Plaine Saint-Denis semble offrir les mêmes attraits que les autres communes du pourtour, cependant, pour le reste du territoire de la ville, on peut considérer que le marché s’apparente davantage à la seconde couronne de la Seine-Saint-Denis et reste donc davantage un marché local. En effet, entre1998 et 2001, 30% des acheteurs d’appartement sur la Plaine viennent de Paris alors qu’ils ne sont que 16% sur l’ensemble de la commune, la Plaine comprise. B – Une ébauche sur les motivations 1 – les prix Le graphique suivant présente les prix au m² à l’achat de chaque commune (neuf et ancien confondus). Il confirme les prix élevés aux Lilas et au Pré St Gervais, communes les plus demandés par les clients des agences immobilières. Prix au m² à l’achat pratiqué dans les communes du desserrement, de 1999 à 2001 2 – la proximité de la capitale, des réseaux de transports 3 – l’environnement urbain 4 – la taille de l’appartement Part des appartements achetés en fonction de la taille par des parisiens sur les 9 communes (1999/2001) III - Description qualitative du desserrement immobilier ? quelle clientèle pour quel produit A - Quel profil pour les acheteurs ? 1 – Le cas des acquéreurs à Pantin, les Lilas, Bagnolet et le Pré St Gervais Les acquéreurs sont essentiellement des employés ou exercent une profession intermédiaire. On note aussi la part des professions dites « intellectuelles supérieures » à 18%. Répartition du nombre de ventes selon la CSP de l’acquéreur sur le villes de Pantin, Les Lilas, Le Pré St Gervais et Bagnolet -1998/2001 Les agences immobilières des Lilas déclarent que les acquéreurs sur les Lilas et le Pré St Gervais sont des intermittents du spectacle et exercent des professions culturelles. 2 – Le cas des acquéreurs à Aubervilliers, Bobigny, Montreuil, St Ouen et St Denis Ce deuxième groupe présente un profil des acquéreurs quasiment identique à ceux du premier groupe. Cette idée qui suggère que Bagnolet, les Lilas, Le Pré St Gervais et Pantin sont des communes visés par les hautes catégories socioprofessionnelles n’est pas vérifié. Répartition du nombre de ventes selon la CSP de l’acquéreur sur les villes d’ Aubervilliers, Montreuil, St Ouen et St Denis - 1998/2001 On observe cependant une légère différence avec le profil départemental des acquéreurs : On remarque donc que le profil des acquéreurs sur les 9 communes profitant du desserrement immobilier parisien est équivalent au profil des acquéreurs de l’ensemble de la Seine St Denis. On peut donc conclure que Paris perd une partie des populations des catégories socioprofessionnelles moyennes et basses. Répartition du nombre de ventes selon la CSP de l’acquéreur en Seine St Denis -1998/2001 B - Quel type de produit ? Notre étude nous conduit à faire la remarque suivante : les neuf communes qui profitent du desserrement parisien offrent le plus grand nombre de produits « atypiques » comparé au reste du département : 95% des ateliers-artisans du département ont été vendus sur ces 9 communes ainsi que près de 40% des duplex , lofts et triplex. Environ un produit atypique ou modulable sur deux acheté sur les neuf communes cibles, l’est par un Parisien, notamment les ateliers d’artistes. Les types d’appartements achetés par des parisiens sur les 8 communes entre 99 et 2001 Type d’appartements Les types d’appartements vendus entre 1999 et 2001 en Seine St Denis et les communes profitant du desserrement immobilier parisien Appartements Appartement Standards Ateliers d’Artistes Duplex Loft Triplex L’intérêt des parisiens pour les biens immobiliers situés sur les communes de la première couronne sequano-dyonisienne est d’autant plus important qu’il est unique dans la région Ile-de-France. Il existe donc, parallèlement au phénomène de desserrement parisien, un flux interne au département qui attire les accédants séquano-dyonisiens vers les communes recensées précédemment. Ce constat interpelle sur l’existence d’autres flux et marchés de l’immobilier à l’intérieur du département, notamment sur la zone Est de la Seine-Saint-Denis (notamment Noisy-le-Grand et ses communes limitrophes).
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