Agence Départementale d'Information sur le Logement de Seine-Saint-Denis
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Le logement des jeunes  

Le logement des jeunes en Seine-Saint-Denis
ADIL 93

Février 2004

Sommaire


Introduction

1. Photographie des jeunes et des modes d’habiter

1.1 Rappel démographique : un département jeune au solde naturel positif

1.2 La jeunesse : une notion au contours fluctuants

1.2.1 Les trois principaux cas de figure

1.3 Le logement des jeunes : quelles suites à la décohabitation parentale ?

1.3.1 La question de la décohabitation

1.3.2 Loupe sur la situation des étudiants

1.3.3 Les jeunes vivant dans un logement de droit commun

 

2. Etat des lieux sur l’habitat en Seine-Saint-Denis : l’offre et les mesures d’aide à l’accès

2.1 Essai d’évaluation de la capacité totale d’hébergement

2.1.1 Panorama

2.1.2 L’offre en logements de droit commun : la production nouvelle et l’existant

2.1.3  Une offre temporaire : l’hébergement

2.2 Les dispositifs d’aide à l’accès et au maintien dans un logement

2.2.1 Aides et soutien accessibles aux jeunes

2.2.2 Les aides en direction des propriétaires bailleurs

2.2.3  Les actions du Conseil régional d’Ile-de-France


3. Essai d’évaluation des besoins en logement des jeunes


4.  Expériences et orientations

4.1 Expériences : de la difficulté de la concrétisation et de la transposition

4.2 Orientations

 

 

 

Introduction


La question du logement des jeunes en Seine-Saint-Denis s’inscrit dans une problématique plus vaste, à savoir la crise du logement en milieu urbain.En effet, la tension sur le marché du logement affecte principalement les secteurs urbains denses et, en premier lieu, la région d’Ile-de-France.

Cette tension est exacerbée au coeur de l’agglomération. Cette spécificité locale est le fruit d’une myriade de facteurs, depuis le faible niveau de production, à la cherté du foncier en passant par le coût du loyer de location. En simplifiant à outrance, la crise du logement découle d’un déficit criant de logements.
Cette pénurie affecte l’ensemble du spectre de l’habitat : allant des structures d’hébergement jusqu’aux logements de droit commun.
Certains secteurs du parc (le logement social public), localisations (les sites denses) ou encore types de logements (petits et grands logements) sont plus vivement affectés. Qu’il s’agisse du secteur de la location comme de celui de l’accession à la propriété, la question du coût devient trop souvent rédhibitoire à l’accès et au maintien dans les lieux d’une partie de la population.

Les « exclus du logement » ne concernent plus seulement une frange circonscrite de la population (les SDF) mais un public de plus en plus large. La cohabitation, vécue avec plus ou moins de bonheur, s’avère trop souvent davantage subie que choisie.

A ce tableau global sinistré s’ajoute des situations particulières relevant de discriminations.  L’âge, le niveau des ressources ou encore la nationalité peuvent être pénalisants. Les jeunes cumulent une série de handicaps freinant leur autonomie résidentielle. Ainsi, des ressources en moyenne relativement faibles, une mobilité accrue et une représentation négative de cette population ne favorisent guère leur accès à un logement. La crise du logement entraîne une crispation du marché.

La libération de logements s’atténue dans le parc social du fait d’un taux de rotation faible. L’ensemble du parc connaît une vacance en diminution nette, et de plus, peu mobilisable (car elle affecte des quartiers dépréciés ou concerne des logements que les propriétaires n’envisagent de mettre en location).

Le parcours résidentiel classique, découlant d’une période économique relativement faste, a fait long feu. Les parcours sont actuellement différés dans le temps et se définissent par leur complexité et diversité.

Du fait de l’étroitesse du goulot à l’entrée du parc locatif (public ou privé), un engorgement se répercute jusqu’aux structures d’hébergement. Nombreux individus sont figés dans des situations non désirées : cohabitation parentale, structures d’hébergement d’urgence, autres formes de cohabitation … De plus, de nombreux centres d’hébergement ne sont plus en capacité d’accueillir les plus démunis, ce qui est symptomatique d’une détérioration globale de l’accès au logement.

La Seine-Saint-Denis ne déroge pas à ce constat d’ensemble. Les tensions s’avèrent même davantage aiguës du fait de certaines caractéristiques locales, telles que l’importance du parc social, la présence d’habitats insalubres ou encore la relative pauvreté de la population.
 

1. Photographie des jeunes et des modes d’habiter

1.1. Rappel démographique : un département jeune au solde naturel positif

Avant de présenter le profil des jeunes, quelques éléments démographiques permettront de situer le contexte local.

Lors du recensement de la population de 1999, le département de la Seine-Saint-Denis comptait près de 1 383 000 habitants, soit environ 13% de la population régionale.
 
Avec un taux de 5 800 habitants au km², le département est l’un des plus denses de la région d’Ile-de-France.

Alors que la population francilienne a cru en moyenne de 0,30% par an entre 1990 et 1999, le taux de variation est nul en Seine-Saint-Denis. Le solde migratoire négatif (environ – 14 000 par an) est compensé par un solde naturel positif (environ + 14 000 par an).

Le solde migratoire déficitaire n’est pas un phénomène récent car il s’est amorcé dès la fin des années soixante. Toutefois le déficit s’est sensiblement accentué au cours de la dernière décennie. Comme il est précisé dans l’Atlas des Franciliens, le département « enregistre aujourd’hui le plus faible taux de variation dû aux migrations en Ile-de-France ».
En revanche, grâce à un taux naturel élevé et un taux de mortalité bas, la région francilienne, et plus particulièrement, le département de la Seine-Saint-Denis, ont un solde naturel excédentaire. Le nombre moyen d’enfants par femme y est le plus élevé de la région (2,19 dans le département versus 1,88 au niveau régional).

Des mouvements de population internes au département sont fréquents : l’INSEE a recensé entre 1990 et 1999, 530 000 déménagements.
Avec plus de la moitié des actifs de Seine-Saint-Denis travaillant hors du département, les mouvements pendulaires sont également légion en Seine-Saint-Denis. Dans le contexte de l’agglomération francilienne, le lien entre lieux d’habitat et d’emploi est assez faible.

Les ménages en Ile-de-France se composent schématiquement de 50% de couples (dont 30% avec enfants), de 40% de personnes seules et de 10% de familles monoparentales. Globalement, ces proportions se retrouvent en Seine-Saint-Denis avec cependant une configuration originale du fait d’une part légèrement plus importante de familles en couple et surtout d’une proportion notable de familles monoparentales. Avec 11,4% de personnes seules avec enfant, le département se distingue de la région qui dénombre moins de 9% de familles monoparentales.

Avec près de 43% d’habitants de moins de 30 ans, la Seine-Saint-Denis se démarque par sa jeunesse. Notre champ d’étude, les 16 à 30 ans, représente 22% de la population départementale, soit plus de 300 000 personnes.
Le nord du département est davantage marqué par la jeunesse de sa population que le reste du territoire.
Mais la Seine-Saint-Denis est confrontée au départ de jeunes actifs qualifiés. Entre les deux derniers recensements de la population, près de 14 000 jeunes actifs auraient quitté la Seine-Saint-Denis, dont plus de 11 000 pour rejoindre la capitale. La difficulté à se loger est une des raisons expliquant cet exode. Avec l’arrivée annuelle de 500 jeunes, les sorties ne sont pas contrebalancées par les entrées. De plus, les jeunes venant en Seine-Saint-Denis appartiennent plutôt aux classes sociales les moins élevées. Le département n’attire guère les diplômés ou les jeunes cadres.

Pour autant, le département est affecté par un vieillissement progressif de sa population des jeunes qui représentait le quart de l’effectif total en 1982. Ce vieillissement reste moindre qu’en province.

Points-clef
Population départementale : 1 383 000 habitants
Taux de variation nul : solde migratoire négatif / solde naturel positif
Taux de fécondité élevé : près de 2,2 enfants par femme
Proportion notable de familles monoparentales : 11,4% de personnes seules avec enfant(s)
Un département jeune :  
- 43% des habitants sont âgés de 0 à 30 ans
- 22% des habitants sont âgés de 16 à 30 ans, soit environ 300 000 personnes
Un exode des jeunes : départ de 14 000 jeunes actifs entre 1990 et 1999
   

1.2. La jeunesse : une notion aux contours fluctuants

Cette étude vise les jeunes de 16 à 30 ans dans toute leur diversité. L’ensemble des situations sociales et économiques sera abordé, dans la limite d’un intérêt statistique affirmé. Aussi n’avons-nous pas souhaité nous attarder sur des cas de figure très minoritaires, comme les jeunes handicapés ou encore ceux souffrant du sida. Pour autant, nous ne minimisons pas la nécessité d’aborder ces situations, ce qui pourrait faire l’objet de travaux ultérieurs. De même, nous n’avons qu’effleuré la situation des étudiants étrangers ou encore des errants, malgré leur intérêt certain.

La diversité des modes de vie entre 16 et 30 ans étant particulièrement nette, nous traiterons en fonction des besoins, de tranches d’âge plus réduites. De plus, compte tenu que de nombreux travaux focalisent leur domaine d’investigation sur les personnes de moins de 25 ans, certaines références se limiteront à cet âge.

En tentant d’aborder ce public dans sa globalité, nous avons l’objectif de présenter toute la richesse et la complexité des situations, en espérant éviter l’écueil de la confusion.

L’étanchéité entre les différentes catégories de jeune (étudiants, chômeurs, salariés …) étant loin, s’en faut, d’être effective, notre présentation en trois grands groupes peut pécher par simplisme. Toutefois, cette catégorisation permet de faire émerger des besoins différents appelant des réponses distingues.

La notion même de « jeunesse » est évolutive dans le temps, avec une tendance à l’élasticité. La date butoir varie également en fonction des législations, la jeunesse pouvant prendre « fin » à 25 ans (exemple : RMI) ou à 30 ans (exemple : LOCA PASS).

Dans sa contribution à un ouvrage collectif de l’INSEE sur les jeunes , Olivier Galland tente de définir cette notion aux contours flous qu’est la jeunesse. Il montre que « l’accès aux statuts adultes est repoussé toujours plus tardivement. Dans certains domaines, la moitié des jeunes n’ont pas encore accédé, à 24 ans, aux statuts définissant l’âge adulte. L’allongement des transitions vers le statut adulte peut se lire de deux manières : soit comme un processus dont les causes sont en majeure partie externes à la jeunesse elle-même […], soit comme le résultat d’une transformation culturelle. De nombreux éléments […] viennent alimenter la première interprétation. Une autre façon d’interpréter les phénomènes d’allongement de la jeunesse consiste à dire qu’au-delà des contraintes qui pèsent sur les parcours des jeunes, c’est la façon dont ceux-ci construisent leur trajectoire vers l’âge adulte qui s’est transformée. […] La jeunesse ne serait en rien assimilable à une adolescence prolongée.[…] La jeunesse serait l’âge nouveau de la préparation des choix. […] La logique de la contrainte économique semble insuffisante pour rendre compte des comportements de report dans le domaine familial. […] Les deux formes de l’allongement de la jeunesse illustrent la divergence de destins, de plus en plus marquée, entre les jeunes selon qu’ils ont, ou non, acquis le minimum de certification scolaire ».

Comme nous tenterons de le montrer la population dite « des jeunes » ne se caractérise pas par son homogénéité. En optant pour l’étude des 16 à 30 ans, la diversité des situations d’existence et des parcours de vie est indéniable. A fortiori, au sein même de chaque tranche d’âge, les différences de mode de vie sont particulièrement diversifiées en fonction du type d’activité, du sexe, du lieu d’habitat, etc.

Alors, pourquoi focaliser notre attention sur une tranche de population multiforme ?

Malgré les différences évidentes, des points d’ancrage relient cette tranche d’âge. Ils peuvent être intrinsèque à la jeunesse, comme la question de la mobilité, ou bien lier à des contingences extérieures, comme les répercussions plus aiguës de la crise économique sur cette population.

Arrêtons nous sur les principales spécificités pouvant caractériser cette population composite :

Partant du principe élémentaire que cette période de la vie permet d’accéder à une autonomie générale de l’individu, il est logique que ces personnes soient en mobilité constante. Cette mobilité, qui se concrétise par des changements d’ordre social, professionnel ou encore de lieux de résidence, est la transcription d’une mobilité affective et intellectuelle, d’individus en évolution rapide et permanente.
Cette caractéristique provoque des conséquences antagonistes sur les adultes. Si le statisme serait perçu comme un abandon de la jeunesse, ce mouvement entraîne des attitudes de rejets ou pour le moins d’incompréhension. Pour se rapprocher de notre thème d’étude, certains bailleurs (publics comme privés) appréhendent cette mobilité, l’assimilant à des perturbations multiples et des coûts financiers supplémentaires.

Outre ce trait commun, les jeunes ont globalement des ressources financières moindres que leurs aînés, et ce, quelque soit leur situation sociale. Obtenir un emploi stable s’avère souvent difficile en période de tension économique. Ce deuxième aspect ne favorise pas non plus un accès aisé à un logement autonome.

Une caractéristique découlant en partie des précédentes tient en une entrée retardée dans le temps, par rapport aux générations précédentes, à une autonomie totale. Les jeunes décohabitent du domicile parental en général plus tardivement et le premier logement ne provoque pas un accès immédiat à la vie dite adulte. Les mises en couple se font à des âges plus avancés. Des mouvements de « va et vient » sont courants entre l’habitat parental et d’autres formes d’hébergement.  

Aussi, ces trois traits distinctifs nous permettent de définir les jeunes sous la forme d’un ensemble cohérent.

De manière quelque peu artificielle mais pour une meilleure lisibilité, et afin de répondre au mieux aux besoins distincts en logement, nous avons décidé de diviser les jeunes selon trois grandes situations.

Il est bien évident qu’en présentant cette grille de lecture nous ne souhaitons nullement stigmatiser ou hiérarchiser certaines sous-catégories de jeunes.


Points-clef
Population étudiée : ensemble des personnes âgées de 16 à 30 ans
Caractéristiques de cette population :
- Mobilité importante
- Solvabilité faible
- Age de l’autonomie différé

  
1.2.1 Les trois principaux cas de figure

Nous avons opté pour une segmentation du public-cible en trois groupes : les étudiants, les actifs et les autres inactifs. Au sein de cette classification, des coups de projecteur pourront être opérés en fonction de la prégnance de certaines situations.

Les étudiants

Si nous incluons dans cette catégorie les jeunes scolarisés, l’attention sera davantage portée en direction stricto-sensu des étudiants du fait d’une décohabitation du domicile parentale effective. De par leur statut, la situation des apprentis sera traitée dans le chapitre relatif aux actifs.

La part des personnes scolarisées a sensiblement progressé entre les deux derniers recensements de la population. Ainsi, près des deux-tiers des jeunes de 15 à 24 ans du département de Seine-Saint-Denis sont scolarisés (élèves ou étudiants) en 1999, alors que seulement 55% l’étaient neuf auparavant.

En élargissant à l’ensemble de notre segment, nous constatons que 43% des jeunes de moins de 30 ans sont comptabilisés au dernier recensement comme étudiants, soit près de 130 000 personnes.

Logiquement, le taux de scolarisation diminue proportionnellement avec l’âge. Si environ 90% des adolescents de 15 à 19 ans sont scolarisés, ce taux s’avère inférieur à 40% pour les personnes de 20 à 24 ans et chute à 5% pour la tranche d’âge supérieure, les jeunes adultes de 25 à 29 ans.

Toutefois, le cinquième des étudiants est âgé de plus de 25 ans. Les étudiants « âgés » sont en effet particulièrement présents au sein de l’université de Saint-Denis (Paris 8) qui enregistre environ 40% d’étudiants de plus de 26 ans. S’agissant de la question de l’accès à un logement indépendant, cette donnée, assez atypique, est à prendre en considération.

La mise en ménage est plus tardive chez les étudiants que chez les autres jeunes. A âge égal, les salariés ont trois fois plus de chance d’être en ménage que les étudiants.

Les filles sont en moyenne légèrement plus scolarisées (de l’ordre de 2 points), tout au moins pour les tranches d’âge inférieures à 25 ans. Les garçons rentrent plus rapidement dans la vie professionnelle et subissent donc plus rapidement des périodes de chômage.

Une étude récente de l’INSEE , conduite à l’échelle nationale, montre que la quasi-totalité des étudiants de moins de 25 ans (90%) est aidée financièrement par leurs parents. Alors que « seulement » 20% des étudiants auraient des ressources inférieures au seuil de pauvreté, cette situation de pauvreté affecterait environ la moitié des jeunes ménages au chômage ou inactifs qui sont moins soutenus financièrement par leurs familles.
Contrairement à l’ensemble des jeunes pour qui l’apport parental représente moins du cinquième des ressources, cet soutien financier représente pour les étudiants les trois-quarts de leurs ressources. Comme le souligne l’étude de l’INSEE susmentionnée, l’importance de cette aide est liée en partie par l’origine sociale des étudiants.
Il demeure en fait assez difficile de quantifier les aides relatives au logement du fait, dans ce cas, de la part sensible des aides délivrées en nature.

Les flux d’étudiants vont dans le sens d’un accueil des étudiants franciliens, au détriment d’un mouvement inverse, étudiants du département allant vers des établissements extérieurs.
Les mouvements pendulaires sont notables. Une partie des personnes étudiant sur le département n’aurait pas nécessairement besoin d’être logée sur le lieu de leurs études.

La proportion d’étudiants issus de milieux populaires est plus importante en Seine-Saint-Denis qu’au niveau national. Ainsi, 20% des étudiants sont boursiers. Cette situation est encore renforcée à l’université de Saint-Denis.

La situation des étudiants étrangers demande une attention particulière.
 
Le service de documentation du CNOUS   avance qu’un « phénomène récent a changé profondément la donne, celui de l’évolution du nombre d’étudiants étrangers accueillis dans les établissements supérieurs français. Entre 1996 et 2001, le nombre d’étudiants étrangers inscrits à l’université est passé de 124 000 à 160 000. A la rentrée 2002, le nombre d’étudiants étrangers est d’environ 220 000 ».
Ce constat s’applique plus particulièrement à la Seine-Saint-Denis avec près du cinquième des étudiants étrangers, soit 10 points de plus que la moyenne nationale.

Contrairement à d’autres pays occidentaux, la France ne propose pas un accueil spécifique pour ce public.

Du fait des spécificités historiques de l’université de Vincennes-Saint-Denis, la proportion des étudiants étrangers est plus élevée que dans les autres universités. La question de leur mode d’hébergement se pose donc avec davantage d’acuité.

Un rapport réalisé pour l’OVE brosse la situation des étudiants étrangers en France  . Il en ressort notamment que « le logement constitue, en particulier en région parisienne, un problème majeur ». Les auteurs de cette étude n’hésitent pas à assimiler la « recherche d’un logement à un véritable parcours du combattant ». Les CROUS accueillent en priorité les étudiants boursiers du gouvernement français et les étudiants du programme ERASMUS. Au manque de places en cités universitaires s’ajoutent des « refus discriminatoires » parfois opposés dans le parc privé.
Les étudiants étrangers se voient contraints de s’orienter vers des « solutions intermédiaires », dont la cohabitation avec des proches.

Points-clef
La population scolarisée ou étudiante : 43% des personnes des 16 à 30 ans, soit 130 000 personnes
Variation du taux de scolarisation : de 90% pour les 15 à 19 ans à 5% pour les 25 à 29 ans
Les spécificités départementales :
- 40% d’étudiants âgés de plus de 25 ans
- 20% des étudiants sont boursiers
- 20% d’étudiants étrangers

 Les actifs

Les actifs incluent aussi bien l’ensemble des salariés (CDI, CDD, CES, emplois jeune …) que les jeunes en recherche d’emploi, qu’ils soient ou non indemnisés. A l’instar des étudiants, il s’agit donc d’une population très hétérogène.

Le département compte 154 200 actifs de 15 à 29 ans, dont environ 120 000 en emploi. Près des deux-tiers des jeunes en emploi ont entre 25 et 29 ans.
Par contre les périodes de chômage débutent plus tôt. Sur les 34 000 chômeurs, seule une bonne moitié ont dépassé 25 ans et 40% ont entre 20 et 24 ans.
Ceci corrobore les données relatives à une entrée plus difficile, et donc plus tardive, au marché de l’emploi.

Le taux d’activité est particulièrement évolutif concernant les tranches d’âge nous occupant, allant de moins de 8% pour les plus jeunes (les moins de 20 ans) à près de 87% pour les plus âgés (25 à 29 ans), en passant par 57% pour les tranches d’âges intermédiaires. Le taux pour les plus âgés est quasiment équivalent -à trois points près- à celui des adultes.
Le taux d’activité féminin est systématiquement inférieur à celui des hommes, ce qui se retrouve tout au long de la vie.

L’activité à temps partiel concerne 30% des jeunes actifs de 15 à 25 ans, contre moins de 14% en moyenne générale. Ce phénomène affecte plus particulièrement les jeunes femmes, ce qui est également une constance tout au long de la vie professionnelle. Ainsi, le quart des jeunes gens travaillent à temps partiel, contre plus du tiers des filles.

Si le taux d’activité progresse continuellement entre 15 et 29 ans, le taux de chômage régresse fortement, de 32% pour les plus jeunes à moins de 19% pour les 25 à 29 ans, ce qui demeure toujours supérieur à la moyenne régionale (environ 17%). 
Le chômage affecte particulièrement les jeunes du département, avec un taux de 22%. Les garçons comme les filles sont concernés par ce phénomène.


La situation des apprentis nécessite une attention spécifique.

Compte tenu de la faiblesse de leurs ressources et du mode de vie en alternance, la situation d’hébergement des jeunes en contrat de qualification et en apprentissage est complexe.

Dans une définition stricte, les apprentis sont soit en contrat de qualification (d’une durée allant d’un semestre à 2 ans), soit en contrat d’apprentissage (d’une durée allant de 1 à 3 ans). Ces deux mesures s’adressent à des jeunes de 16 à 26 ans.
Les ressources, qui évoluent notamment en fonction de l’âge, s’échelonnent de 25% à 78% du SMIC.
En Seine-Saint-Denis, le nombre de contrats est d’environ 3 000 pour chaque mesure, soit 6 000 personnes concernées.

Notons que les statistiques recensent le nombre de contrat en fonction du lieu d’exécution, à savoir l’adresse de l’entreprise. Les jeunes peuvent habiter et/ou être scolarisés en dehors du département ou même de la région. La Direction départementale du travail enregistre les dossiers à la condition de la présentation d’une attestation d’hébergement. Toutefois, elle ne procède pas à la vérification des conditions et de la qualité du dit hébergement.

Contrairement à une pratique assez courante en province, il est assez rare que les apprentis puissent, en région parisienne, être hébergés par leurs employeurs.

Le logement des apprentis n’a pas été pensé, en tant que tel, par les pouvoirs publics. Le Conseil régional d’Ile-de-France s’est saisi du dossier en proposant des aides en direction de l’accueil des apprentis. La notion d’apprentis est alors prise dans une acception élargie, incluant les jeunes en parcours d’insertion (PARE), les bénéficiaires de minima sociaux et autres personnes en contrat à durée déterminée.

Se trouvant, le plus souvent, dans l’obligation de trouver une solution par leurs propres moyens, les apprentis (et leur famille) se tournent aussi bien vers les foyers, l’hébergement chez un tiers que toutes autres formes d’habitat plus ou moins précaires.

De par leur forte mobilité et leur solvabilité réduite, ces jeunes personnes cumulent les handicaps vis-à-vis des bailleurs. Des propositions adaptées demandent à être pensées et mises en œuvre pour favoriser ce type de formation.
Les réformes en cours, visant à aligner le statut de l’apprentis sur celui de l’étudiant, permettront-elles de soutenir davantage ce public ?

Points-clef
Nombre d’actifs de moins de 30 ans : 154 200 personnes, dont environ 120 000 en emploi
Variation du taux d’activité : de 8% pour les moins de 20 ans à 87% pour les plus de 25 ans
Importance de l’activité à temps partiel : 30% des actifs de moins de 26 ans
Nombre de demandeurs d’emploi de moins de 30 ans : 34 000
Variation du taux de chômage : de 32% pour les moins de 20 ans à 19% pour les plus de 25 ans
Nombre d’apprentis : 6 000

 Des errants aux jeunes en parcours d’insertion

La catégorie statistique des « autres inactifs » est assez large, englobant de fait toute personne n’étant ni étudiant, ni salarié, ni demandeur d’emploi.

Dans son rapport sur la Couverture logement universelle (CLU), le Conseil national de l’habitat (CNH) a défini des publics pour qui l’accès à un logement est problématique. Les jeunes dits défavorisés font partie de cette typologie. Du fait de l’insuffisance, de la précarité et des fortes variations de leurs ressources, les jeunes sans emploi stable ont des difficultés avérées à intégrer un logement de droit commun. Le CNH souligne que les jeunes doivent « faire face à une certaine méfiance face au logement du fait de leur instabilité, et du risque supplémentaire qu’ils sont supposés pouvoir représenter (mode de vie …) ».

Le rapport mentionné ci-dessus pointe également les immigrés et les étrangers comme des personnes vulnérables, subissant plus que d’autres des réticences pour l’accès à un logement, du fait notamment de discriminations.
La situation des demandeurs d’asile est également évoquée conduisant le plus souvent des passages d’une structure d’hébergement à une autre.
Les jeunes issus de l’immigration, étrangers ou réfugiés rencontreraient des difficultés accrues que le restant des jeunes.

La paupérisation des habitants du département ne cesse de s’accentuer avec une progression du nombre des bénéficiaires des minima sociaux et des chômeurs. L’écart se creuse entre les ressources moyennes des habitants de la Seine-Saint-Denis de celles des autres Franciliens.
La faiblesse des revenus des nouveaux arrivants renforce la dégradation socio-économique des habitants du département.
Les acteurs locaux sont unanimes sur la tendance actuelle d’une aggravation de la grande précarité de certains jeunes.

Le cas des jeunes mères est très souvent pointé comme un public en très grande difficulté. Des structures d’hébergement, bien que ne répondant pas à l’ensemble des besoins, existent.

L’accroissement du nombre de jeunes sans-papiers, d’errants ou encore de jeunes souffrant de troubles psychologiques est également fréquemment évoqué. Les solutions sont éparses et en décalage face au nombre et à l’urgence des situations.  

L’étude menée sur les conditions de logement des ménages pauvres , portant sur l’exploitation de l’Enquête nationale logement (ENL) de 2002, montre un rajeunissement des ménages pauvres. Ainsi, « le taux de pauvreté des ménages dont la personne de référence est âgée de moins de 30 ans a quasiment doublé entre 1988 et 2002, passant de 7 à 13% ».

Les données de la CAF 93 précisent les tendances susmentionnées. Ces statistiques remontent à l’année 2000 mais leur exploitation s’avère toujours d’actualité.
Notons que le public concerné par les allocations de la CAF dépasse celui de la catégorie des « autres inactifs » pour intégrer celles des étudiants et des actifs.

La CAF a comptabilisé plus de 50 000 jeunes allocataires de moins de 30 ans, soit l’effectif le plus important de la région francilienne, derrière Paris.

Contrairement aux allocataires parisiens qui sont souvent célibataires et étudiants, une part notable de ceux de la Seine-Saint-Denis vivent en couple (42%).
A l’aune des départements aux franges de l’agglomération, la moitié des allocataires, soit environ 25 000 personnes, ont au moins un enfant à charge.

La situation par rapport à l’activité professionnelle montre que près de la moitié des allocataires de Seine-Saint-Denis ont un emploi, ce qui est conforme aux taux rencontrés en petite couronne. Mais la proportion des chômeurs (15%, contre 10% au niveau régional) et des inactifs non étudiants (28%, contre 19% au niveau régional) est sensiblement supérieure à celle de la région au détriment des étudiants (10%, contre 26% au niveau régional).

Mise à part la situation atypique de Paris avec une sur-représentation des jeunes allocataires bénéficiant d’une aide au logement (83%), les allocataires de Seine-Saint-Denis sont dans la moyenne régionale, avec 59% de jeunes bénéficiant de ce type d’allocation, soit près de 30 000 personnes. La répartition entre les trois types d’aide au logement (APL, ALF et ALS ) est à l’avantage de l’APL.
L’APL est plutôt allouée dans le parc social public tandis que les deux autres allocations concernent les logements du parc privé.
Les taux de couverture varient sensiblement d’une allocation logement à l’autre, allant de 38% (ALS) jusqu’à 65% (APL), en passant par une couverture atteignant 52% (ALF).
Environ 4 300 étudiants du département perçoivent une aide au logement (ALS ou APL).
La DDE considère qu’en accédant au système de l’aide à la personne, les étudiants ont assimilé l’obtention d’un logement autonome à un droit.

Sur les 50 000 jeunes allocataires, près de 14 000 bénéficient d’une prestation de précarité. Les minima sociaux se répartissent entre le RMI (59% soit plus de 8 000 personnes), l’API (22% soit environ 3 000 personnes) et l’AAH  (19% soit 2 500 personnes).


Si les situations d’extrême urgence échappent trop souvent à une visibilité quantifiable, il n’en demeure pas moins que près du tiers des appels au 115 concerne des personnes de moins de 25 ans, soit environ 4 000 appels.

Sans réellement nous attarder sur l’errance des jeunes. Il nous semble utile de transcrire une impression ressentie par les acteurs de terrain et les institutionnels. La DDASS définit les jeunes en errance comme « ceux qui connaissent une situation durablement marquée par l’absence d’une domiciliation stable et qui a des conséquences importantes sur leur possibilité d’une insertion ou d’une intégration sociale ».
Ce phénomène, qui aurait émergé dans les années 90, se serait sensiblement accentué depuis lors. Deux principaux cas de figure se conjuguent, d’une part les personnes mises à la porte du domicile parentale et d’autre part les jeunes migrants sans appui.
Livrés à eux-mêmes, ces jeunes vivent dans la précarité la plus absolue, logeant dans des caves, gares ou autres abris de fortune.
Les partenaires du département estiment que des mesures ambitieuses doivent être entreprises pour tenter d’endiguer cette situation.
 
Ne perdons pas de vue que les acteurs de terrain n’ont de cesse de montrer qu’un problème d’hébergement s’avère un frein à l’insertion effective des jeunes.

Points-clef
Accentuation de la paupérisation des jeunes du département, dont :
- Les jeunes mères ;
- Les personnes souffrant de troubles psychologiques ;
- Les réfugiés ;
- Les errants
Nombre d’allocataires de la CAF de moins de 30 ans : 50 000
Nombre de bénéficiaires d’une allocation logement : 30 000
Nombre de bénéficiaires d’une prestation de précarité : 14 000, dont 8 000 Rmistes
Le tiers des appels au 115, soit 4 000, provient de personnes de moins de 25 ans

 

1.3 Le logement des jeunes : quelles suites à la décohabitation parentale ?

1.3.1. La question de la décohabitation

Deux Franciliens sur cinq âgés de 20 à 29 ans vivent au domicile familial. Les adolescents de 16 à 19 ans demeurent presque tous chez leurs parents.

La cohabitation parentale, logiquement, diminue avec l’âge. Ainsi, si presque tous les Franciliens de moins de 20 ans sont chez leurs parents, les 30 à 34 ans ne sont plus que 6% à prolonger cette cohabitation. Pour autant, la tendance est à un allongement de la durée de vie au foyer familial. Cette remarque concerne prioritairement les garçons. En effet, les jeunes femmes quittent généralement plus précocement le domicile parental que les jeunes hommes.

Ce phénomène de cohabitation tardive n’est pourtant pas récent. Il s’est toutefois accentué au cours des années 90. On assiste, de nos jours, au recul de l’âge d’indépendance financière vis-à-vis des parents.

Nombreux facteurs explicatifs peuvent être avancés, tels que le prolongement de la durée des études, la précarité de l’emploi, le coût des logements, l’insuffisance de l’offre de petits logements, l’amélioration de la qualité des logements des parents ou encore un certain apaisement des relations intergénérationnelles.

Seule la mise en couple semble être l’événement entraînant une décohabitation parentale assez systématique. L’entrée dans la vie active n’implique plus le départ du domicile des parents. La situation diffère entre les jeunes résidant depuis l’enfance en région francilienne et ceux en provenance de la province, et à fortiori de l’étranger, qui vivent davantage hors du domicile familial.

Dans une recherche sur le thème de l’accès à la vie adulte, Olivier Galland   « fait pièce à l’idée communément admise que les jeunes se complaisent dans une dépendance prolongée à l’égard des parents. Le retard qui semble aujourd’hui nécessaires aux jeunes pour réussir leur entrée dans la vie, accroît l’impatience d’y parvenir. En fait l’écart entre les étapes scolaires/professionnelles et familiales s’est resserré ».
 

L’INSEE a exploité l’enquête nationale sur le logement (ENL) de 1996   sous l’angle « des marges du logement », c’est-à-dire des différentes formes de résidences ou de cohabitation.
L’étude distingue deux principaux cas de figure, les cohabitants et les hébergés. Le premier concerne des jeunes ayant toujours vécu au domicile familial et le second des jeunes retournant au foyer parental.
Les auteurs notent que « les enfants hébergés envisagent davantage de quitter leurs parents que les enfants cohabitants, qui sont plutôt des étudiants ». En effet, l’enquête montre qu’environ le quart des hébergés souhaitent accéder à l’autonomie résidentielle dans les six prochains mois, contre 7% des cohabitants. Dans la majorité des cas, l’effectivité du départ est liée à l’entrée dans la vie active  . L’hébergement est lié, dans la majorité des cas, à des difficultés économiques.
De plus, « la vie en couple et le logement indépendant sont liés, l’état d’hébergé va donc avec la solitude sentimentale ».
Les auteurs avancent l’hypothèse que « l’hébergement est moins naturel que la cohabitation ».
La part des hébergés est sur-représentée au centre de l’agglomération parisienne par rapport au restant du territoire.
Le phénomène de l’hébergement des étrangers s’avère difficilement quantifiable, mais serait « sous-estimé ».

En fait l’accès à une indépendance totale est retardé par la prégnance du phénomène de multirésidence, les jeunes occupant leur résidence principale à temps incomplet.
Ce mode d’habiter est pratiqué à la fois par des jeunes cohabitants, qui vivent également en collectivité ou sont hébergés, que par des « hébergés à temps partiel ».

Un chercheur de l’INED   avance l’idée, à première vue paradoxale, que « l’installation dans un logement indépendant est de plus en plus tardive, alors que l’âge au départ du domicile familial est stable depuis le début des années 90 ». En effet le dixième des jeunes (et davantage parmi les étudiants) pratiquent la double résidence, « mode de transition possible vers l’indépendance résidentielle ».

Le phénomène du retour au domicile parental se vérifie, en effet, à toutes les tranches d’âge.
Le cinquième des premiers départs seraient provisoires.
Le retour est motivé par des raisons tenant le plus souvent à une modification de la situation professionnelle (perte d’emploi ou changement de lieu de travail) ou à une rupture familiale. Le premier cas de figure affecte prioritairement les hommes, contrairement au second cas de figure. Une étude menée sur le thème de l’insertion professionnelle et l’autonomie résidentielle  « distingue un modèle masculin de décohabitation caractérisé par la stabilisation professionnelle […] d’un modèle féminin, plutôt lié à la constitution d’un couple. Il en ressort que les jeunes femmes quittent le domicile parental plus tôt que les garçons alors que leur accès à l’emploi est plus tardif ».

Mais la composition familiale perturbe le schéma précédemment présenté. Ainsi, les filles uniques ont un comportement proche de celui des garçons, à savoir une décohabitation plus tardive.
Cette étude tend à montre que la décohabitation serait facteur de critères sociaux et démographiques. Dans le même ordre d’idée, Daniel Courgeau   insiste sur le rôle des caractéristiques familiales et individuelles dans le départ de chez les parents. Un des facteurs serait l’origine étrangère des parents qui retarderait l’âge de la décohabitation.

Les difficultés d’ordre financier sont également évoquées comme cause de retour. L’étude précise bien que « si certaines évolutions actuelles vont dans le sens d’une re-cohabitation, c’est au début du cycle de vie que cela se passe ». Un phénomène nouveau semble être le retour au domicile familial après séparation des couples. La famille sert alors de « garde-fou ».

L’étude de CitéMétrie, menée en Ile-de-France en 1997 auprès d’un millier de jeunes, montre que la moitié des jeunes ayant fait l’expérience de la décohabitation regrette leur logement autonome lors d’un retour au domicile familial.
Ce retour « apparaît donc bien plus souvent subi que choisi. Les jeunes Franciliens sont partagés entre l’aspiration à l’indépendance et le réalisme qui les incite à rester au domicile familial ».
La frontière entre l’autonomie et la cohabitation est perméable « comme le mettent en lumière les phénomènes de retour au domicile parental et de double résidence ».


Points-clef
Le phénomène de la cohabitation parentale tardive s’est accentué à partir des années 90.
Les principaux éléments explicatifs en sont :
- Le prolongement de la durée des études ;
- La précarité de l’emploi ;
- L’insuffisance de l’offre ;
- Le coût du logement
Le dixième des jeunes pratiquent la double résidence
Le cinquième des premiers départs est provisoire, avec un retour au domicile parental

 

1.3.2. Loupe sur la situation des étudiants


Grâce à une enquête nationale menée par l’Observatoire de la vie étudiante (OVE)   et les données de l’INSEE, l’IAURIF  a pu brosser le profil des étudiants franciliens.

Il en ressort que 41% des étudiants ne vivent plus chez leurs parents. Parmi ces derniers, la grande majorité (94%) habitent dans un logement ordinaire et les autres se répartissent entre les personnes logées au sein de structures spécifiques pour étudiants (cités universitaires) et une très faible minorité connaisse d’autres formes d’accueil collectif, tels que les centres d’hébergement.

Parmi les étudiants vivant dans un logement classique, plus de la moitié est locataire dans le parc privé. Les autres optent pour les meublés ou hôtels (14%) et les logements HLM (8%). Restent 12% d’étudiants logés gratuitement et 11% de propriétaires occupants.

Les étudiants occupent souvent des logements de petite taille. Spatialement, les étudiants se concentrent au cœur de l’agglomération. Plus du tiers des étudiants vivent à Paris intra-muros du fait, comme le précise l’IAURIF, de l’offre d’enseignement supérieur et de l’offre de petits logements. Cette étude précise que « les étudiants sont peu enclins à habiter dans les communes moins centrales et moins bien desservies par les transports en commun où l’offre d’enseignement et de petits logements locatifs est quasi-inexistante ».

Toutefois, le cas de Saint-Denis et de Villetaneuse est notable du fait que « ces communes arrivent assez mal à retenir leurs étudiants, malgré la présence de grandes universités sur leurs territoires ». Ainsi, la part des étudiants au sein de ces deux communes ne représente que 4% de la population globale. La « centralité » ou encore le « cadre de vie » sont donc des notions à prendre en compte pour comprendre les logiques des étudiants vis-à-vis du lieu de résidence.
Cette étude conclut sur l’importance donnée par les étudiants à la question de l’environnement urbain et la nécessité d’intégrer cet élément dans la réflexion sur le logement des étudiants.

Prenant pleinement conscience de la difficulté de se loger pour les étudiants, les pouvoirs publics ont saisi l’Observatoire de vie étudiante (OVE)   sur ce thème spécifique. Le rapport distingue les étudiants vivant chez leurs parents des décohabitants, pour qui le départ est le plus souvent une nécessité du fait de la distance entre le domicile parental et le lieu d’études. Le rapport rappelle que seule une minorité des décohabitants est logée en résidence universitaire. La majorité vit au sein d’un logement classique.
Pour des raisons pouvant notamment tenir d’une dépendance financière, « les enfants d’ouvriers et d’employés quittent le domicile familial moins fréquemment que les enfants de cadres ».

Les cités universitaires remplissent leur rôle de régulateur social en favorisant la décohabitation des étudiants issus des milieux populaires. Mais cette fonction d’accueil des étudiants impécunieux est contrebalancée par la pénurie de l’offre. Les résidences universitaires privées ne remplissent pas cet objectif social. Quant à l’obtention des aides à la personne, elle est dissociée des ressources des parents. L’étude de l’OVE montre même que « pour être allocataire, mieux vaut être aidé par ses parents que travailler ».

La probabilité de décohabiter est également facteur de la proximité ou non des lieux d’étude. Elle est ainsi plus faible à Paris et en région parisienne.

Outre l’offre d’études supérieures accessible à partir du domicile familial, les coûts de logement en région d’Ile-de-France limitent la décohabitation. Le plus faible taux de décohabitation affecte les jeunes vivant en petite couronne d’Ile-de-France, devant ceux habitant la grande couronne, Paris et la province. Moins du tiers des étudiants de la proche banlieue quittent le domicile des parents, contre plus de la moitié au niveau de la moyenne nationale.

L’étude montre que les « obstacles à la décohabitation ne sont pas seulement matériels. Des mécanismes de relégation scolaire et d’autorelégation entraînent des décohabitations plus tardives. La décohabitation n’est plus alors une condition du choix des études, c’en est une conséquence ».

Dans leur étude sur les conditions de logement des ménages pauvres, les auteurs montrent que l’attirance des centres-villes se fait au détriment des banlieues. D’autre part, cette même étude indique que le « secteur social ne loge que 5% des étudiants pauvres ». Les étudiants pauvres vivraient pour les trois quarts en situation de surpeuplement.

Points-clef
4 étudiants sur 10 n’habitent plus au domicile familial
Plus de la moitié des étudiants vivant dans un logement classique est locataire du parc privé
Les notions de « cadre de vie » et « d’environnement urbain » sont privilégiées par les étudiants
Les communes universitaires de la Seine-Saint-Denis ont des difficultés à retenir les étudiants sur leur territoire

 

1.3.3. Les jeunes vivant dans un logement de droit commun

Pour environ 10% des résidences principales situées en Seine-Saint-Denis, la personne de référence a moins de 30 ans, soit un ensemble de 53 300 logements.
Le nombre moyen de personnes par logement y est alors de 2 personnes, inférieur de 1 point à la moyenne affectant la tranche d’âge des adultes actifs (les 30 à 59 ans) et équivalent au taux d’occupation des personnes âgées de plus de 60 ans.

Statut d’occupation (Seine-Saint-Denis)

15 à 29 ans Ensemble de la population
Propriétaire 11,7 % 39,6 %
Locataire logement vide 40,6 % 19,2 %
Locataire HLM 37 % 35,9 %
Locataire meublé 5,2 % 1,9 %
Logé gratuitement 5,6 % 3,4 %
Total 100 % 100 %
INSEE, recensement population 1999

La part des propriétaires progresse avec l’âge. Aussi, seuls 6 200 logements sont occupés par des jeunes de moins de 30 ans propriétaires, soit près de 12% de l’ensemble des jeunes occupant un logement.

La location est le statut d’occupation très largement adoptée par les moins de 30 ans (83%).
Contrairement aux personnes de plus de 30 ans, les jeunes occupent davantage des logements du secteur privé que du secteur HLM. Ce constat a tendance à s’accentuer.
En effet, l’INSEE a pu montrer, par l’exploitation de l’enquête jeunes de 1992 et de l’enquête jeunes et carrières de 1997, qu’entre la fin des années 80 et la fin de la décennie suivante, la part des locataires de moins de 30 ans du parc social HLM est passée de près de 28% à 23,5%, tandis qu’un mouvement inverse s’est opéré concernant le parc privé (de 36% à près de 47%).

5% des jeunes du département optent pour la location meublée, contre moins de 2% de l’ensemble des adultes. Enfin une proportion analogue de jeunes est logée gratuitement.

La mobilité est inversement proportionnelle avec l’âge. La moitié des jeunes a déménagé au cours des deux dernières années. Cette proportion chute à 20% pour les trentenaires puis diminue progressivement pour devenir, en fin de vie, marginale.

Jusqu’à 24 ans, les jeunes vivent majoritairement seuls dans leur logement. A partir de 25 ans, la proportion de couple supplante celle des autres compositions de ménages.
En revanche dès la tranche d’âge des 20 à 24 ans, la part des familles monoparentales est notable, de l’ordre de 8%.

Points-clef
Pour plus de 53 000 logements, la personne de référence à moins de 30 ans
4 jeunes sur 5 sont locataires et le secteur privé est privilégié
6 200 logements sont occupés par des propriétaires de moins de 30 ans
1 jeune sur 2 a déménagé au cours des deux dernières années

  
2. Etat des lieux sur l’habitat en Seine-Saint-Denis : l’offre et les mesures d’aide à l’accès

2.1 Essai d’évaluation de la capacité totale d’hébergement

2.1.1 Panorama

Le département compte un parc de 580 500 logements, dont 525 000 résidences principales.
L’évolution du parc de logements au cours de la dernière période intercensitaire est de 0,57%, taux inférieur à l’évolution régionale (0,76%).

Le parc des résidences principales est largement composé d’immeubles en collectif (71%), cette morphologie urbaine est plus particulièrement présente à l’ouest du département.

Très schématiquement, le département se subdivise en trois principaux groupes urbains : les territoires mitoyens de Paris où se concentre de l’habitat collectif, souvent privé et ancien, les zones intermédiaires composées de grands ensembles et les sites excentrés où le pavillonnaire s’entrelace avec des grands ensembles.

La majorité des habitants de Seine-Saint-Denis est locataire (57%), soit près de 300 000 locataires (dont 100 000 du secteur privé).
Près de 40% sont propriétaires occupants (207 000 propriétaires), soit 14 points en moins que la moyenne régionale.
 
Le taux de vacance a sensiblement progressé entre 1990 (6%) et 1999 (8,5%), ce qui correspond à une augmentation de 4,4% annuellement.
Depuis lors, du fait de la tension sur le marché du logement, la vacance aurait très nettement reculé. A titre illustratif, la vacance au sein du patrimoine de l’Office départemental atteint moins de 2%. La tension sur le marché actuel du logement est telle qu’une pénurie de logements locatifs (sociaux et privés) s’installe.

Typologie du parc

Aussi bien dans le parc social que privé priment les logements de taille moyenne (T3 et T4), au détriment des petits et des grands logements.

Moins du dixième des logements est constitué par des studios. Le département présente une baisse notable (- 24%) de ce type de logement, passant de plus de 69 000 unités à 52 400 entre 1962 et 1999. Mise à part la situation parisienne, les autres départements n’ont pas subi une telle chute de la proportion des petits logements.

Différents facteurs expliquent cette érosion des studios. Les deux principales étant la démolition des logements sans confort lors de rénovations du parc insalubre et la fusion des studios au cours d’opérations de restructuration.

A l’image des autres départements de la région, le nombre moyen de personnes par pièce ne cesse de diminuer, passant de 1,17 en 1962 à 0,80 de nos jours. Pour autant, le taux d’occupation en Seine-Saint-Denis s’avère supérieur à celui des autres départements de la région.

La spécialisation du parc sur les logements de taille moyenne provoque, de fait, une certaine inadéquation entre la taille des ménages et celle des logements occupés entraînant une sous-occupation, et, dans une moindre mesure, une sur-occupation. 


La question de l’insalubrité et de la dégradation des copropriétés

Le département compte un patrimoine très disparate du fait, en partie, de l’histoire de l’urbanisme au sein de ce département.

Le quart des résidences principales est antérieur à 1948. Certaines communes -Aubervilliers, Montreuil ou encore Saint-Denis- sont composées à 40% d’un parc ancien.
Toutefois, ce parc tend à diminuer progressivement. Ainsi, 18 000 logements anciens ont-ils disparu au cours des années quatre-vingt-dix. Ces disparitions affectent en tout premier lieu le secteur de la Plaine-Commune.
La baisse progressive du nombre de « logements privés intermédiaires » creuse, selon la CDC, le fossé entre le logement privé et le logement social en faisant disparaître cet habitat intermédiaire. Les jeunes diplômés ne peuvent accéder à un logement très social sans pour autant pouvoir intégrer un logement privé en conformité à leurs ressources.

Une part non négligeable du parc de logements présente des signes patents d’habitat dit indigne. Outre les phénomènes de dégradation prononcée, des immeubles ne présentent pas les normes minimales de sécurité et d’hygiène. Les phénomènes de saturnisme ne sont pas rares, et ce, principalement dans les zones d’habitat ancien et dense. L’estimation du nombre de logements concernés s’élève à 10 000.

Afin d’éradiquer cet habitat indigne , six protocoles de coopération entre l’Etat et les communes ont été contractés   prévoyant la démolition de près de 100 immeubles et la réhabilitation de près de 200 immeubles. D’autres communes du département devraient suivre ce mouvement.
Plusieurs procédures (financements ANAH, Plan de sauvegarde, RHI, MOUS, OPAH … ) peuvent être sollicitées. Ces protocoles visent prioritairement toute forme d’insalubrité, les situations de péril, les immeubles contaminés par le plomb et les hôtels meublés dangereux.

La mise en œuvre de ce programme semble hétérogène d’une commune à l’autre, avec globalement une certaine lenteur dans la mise en opérationnalité.

Notons qu’une opération importante porte à Aubervilliers sur la réhabilitation d’un patrimoine de 52 logements insalubres. Ce dispositif, qui a fait l’objet d’une convention spécifique entre l’ANAH et le propriétaire, permettra la mise sur le marché de logements salubres à loyer maîtrisé. 

Le département est également confronté à la question des copropriétés dégradées. Des dispositifs ont été créées dans les années 90 (OPAH spécifique ou Plan de sauvegarde) afin de remédier à ces situations. Environ 4 000 logements sont actuellement concernés par ces mesures, dont 2 500 en Plan de sauvegarde. Des études en cours pourraient doubler le nombre de logements concernés.

Notons que le département compte environ 130 000 logements relevant du régime de la copropriété. Deux types de copropriétés coexistent, environ 500 grandes copropriétés de plus de 50 logements d’une part et une myriade de petites copropriétés comportant le plus souvent moins de 20 logements d’autre part.

Les estimations porteraient à 60 000, le nombre de logements présentant des signes de dysfonctionnement.

Points-clef
Nombre de résidences principales : 525 000
Depuis près de 15 ans, l’évolution du parc est quasiment stationnaire
Part des locataires : 57%, soit 300 000 personnes
Vacance faible
Typologie des appartements : primauté des logements de taille moyenne
Baisse de la proportion de petits logements
4 logements sur 10 appartiennent au parc ancien ; parc en régression
Estimation du nombre de logements indignes : 10 000
Nombre de logements relevant de copropriétés : 130 000, dont 60 000 présentent des signes de dysfonctionnement

 

2.1.2  L’offre en logements de droit commun : la production nouvelle et l’existant

La production

Les objectifs du Schéma directeur de la région d’Ile-de-France (SDRIF) sur 25 ans (1990-2015) estimaient à 6 800 les besoins annuels en constructions nouvelles pour le département de la Seine-Saint-Denis.
Avec une moyenne d’environ 4 300 logements effectivement construits par an, les objectifs du SDRIF ne sont atteints qu’à 63%. A l’échelle de la région d’Ile-de-France, les objectifs le sont à 87%.
 
Les données récentes confirment et accentuent cette tendance lourde d’un taux de construction en dessous des besoins évalués.

En effet, le nombre de logements commencés pour l’année 2002 s’élève à moins de 3 500. En fait depuis le début de la décennie 90, l’évolution générale des logements commencés est à la baisse, passant de 6 400 logements en 1990 à moins de 4 000 depuis 1995, à l’exception notable de l’année 2000 (près de 4 400 logements).

Le nombre de logements autorisés se monte en 2002 à environ 3 000 logements. Si l’évolution est davantage en « dents de scie », la courbe générale est également à la baisse. En effet, tout au long de la dernière décennie, le nombre de logements autorisés se positionne en dessous du seuil des 5 000 logements annuels (avec des variations allant de moins de 3 000 logements à près de 5 000 logements), tandis qu’au cours des années antérieures, le nombre de logements autorisés pouvait dépasser les 6 000.

Quant au bilan des opérations de démolitions, il fait apparaître la destruction de plus de 600 logements au cours de l’année 2002. Le nombre de démolitions fluctue au cours de la décennie écoulée, variant de moins de 100 démolitions par an (les années 1996 ou 2000) à plus de 600 (1999, 2002). Tout au long des années 90, 2 700 logements sociaux ont été démolis, principalement sur les communes de Saint-Denis, Gagny, La Courneuve et Stains.
Sur les 600 logements détruits en 2002, plus de la moitié était située dans un quartier inscrit dans la Politique de la ville. Les deux principales opérations (environ 200 logements démolis) se sont déroulées à Villepinte et à Stains.
Notons la démolition du FJT de Bondy (35 logements) en 2001.
D’ici 2008, les démolitions pourraient concerner de 5 000 à 7 000 logements.

A ces opérations de démolitions / reconstructions s’ajoutent les réhabilitations.
La moitié du parc social HLM a bénéficié, au cours des vingt dernières années, d’une réhabilitation financée par la PALULOS.
Outre la PALULOS, d’autres aides (Qualité de service, ANAH …) peuvent être sollicités afin d’améliorer l’état de l’habitat existant.
En 2002, le montant des aides s’est élevé à environ 20 M €, dont la moitié en PALULOS permettant la réhabilitation d’environ 4 000 logements. Depuis 2000, le nombre de logements réhabilités ne dépasse pas un volume annuel de 4 000 logements, ce qui est bien inférieur aux années fastes dépassant les 10 000 logements réhabilités (1992 et 1997) et globalement l’ensemble des années 90, avec une moyenne annuelle d’environ 7 000 logements.
L’ANAH a subventionné la réhabilitation de près de 800 logements occupés par leur propriétaire (situés pour une moitié dans le diffus et pour l’autre au sein d’OPAH) et de 3 600 logements dont les propriétaires n’occupent pas les lieux. Les Programmes d’intérêt général (PIG), qui permettent d’appliquer, hors OPAH, des loyers conventionnés ou intermédiaires, n’ont porté que sur 159 logements. Enfin la prime pour remise en location des logements vacants a été attribuée pour moins de 30 logements sur l’ensemble du département.

La délégation départementale de l’ANAH a montré que le rythme de production nouvelle et le nombre de réhabilitations lourdes ne permettent pas de faire face aux besoins de la population, notamment sur le segment du locatif. La baisse de la production affecte en premier lieu le logement social.
La majorité de l’offre est constituée par la libération de logements. Or la baisse du taux de rotation, en particulier dans le parc social, provoque une situation de blocage.

Le taux particulièrement faible de construction renforce les écarts régionaux, portant déjà pointés lors de l’élaboration du SDRIF qui visait alors un rééquilibrage.

Points-clef
Les objectifs du SDRIF pour la Seine-Saint-Denis : 6 800 logements par an
Moyenne des logements construits : 4 300 logements par an
Nombre de logements commencés (2002) : 3 500
Nombre de logements autorisés (2002) : 3 000
Nombre de logements démolis (2002) : 600
Nombre de logements réhabilités parc public (2002) : 4 000
Nombre de logements réhabilités parc privé (2002) : 4 400
Nombre de logements bénéficiant d’un PIG (2002) : 159
Nombre de logements bénéficiant de la prime pour la remise en location des logements vacants (2002) : 30

L’existant

La location est le statut d’occupation majoritaire (57%). Parmi les locataires, les occupants de HLM représentent environ 63% de l’ensemble des locataires. Cette proportion est très supérieure à celle de la région d’Ile-de-France (46%).

Sur un total de 580 500 logements, le département compte 188 000 logements sociaux et le restant  appartient au parc privé.
Le parc social se répartit entre près de 190 bailleurs sociaux (offices publics, sociétés d’économie mixte et sociétés anonyme).
Les vingt offices publics gèrent un parc de près de 100 000 logements et l’office départemental possède, à lui seul, environ 21 000 logements. Les SEM comptent plus de 14 000 logements et le patrimoine restant se répartit entre les 23 SA d’HLM, dont l’Immobilière 3F est la plus importante avec près de 13 000 logements implantés sur 25 communes.

Le parc social est inégalement réparti sur le territoire. Ainsi, certaines communes disposent de moins de 20% de logements sociaux, tandis que d’autres en comptabilisent plus de 50%.
En application de l’article 55 de la loi SRU  , le décompte de logements sociaux a révélé que 8 communes étaient en-dessous du seuil des 20% de logements sociaux. Ces communes sont situées principalement dans l’est du département.

Le parc social connaît actuellement une quasi absence de vacance.

A cela se greffe la question de la vente et du déconventionnement d’une partie du parc social par certains investisseurs institutionnels, ce qui accentue la réduction d’une offre en conformité avec la solvabilité des habitants de Seine-Saint-Denis.

L’étude sur les conditions de logement des ménages pauvres considère que le parc locatif social a des difficultés à prendre en compte les besoins des jeunes ménages à faibles ressources. Cette remarque s’applique globalement à l’ensemble des jeunes. La structure par âge des locataires HLM est plutôt centrée sur les tranches intermédiaires, entre 30 et 49 ans.

Pourtant, si la typologie des logements du parc HLM ne correspond guère aux jeunes, l’étude du Cabinet Louis Harris montre que la représentation qu’ils se font de ce parc est loin d’être négative. De plus, la connaissance effective de ce type d’habitat, autrement dit avoir vécu en HLM, augmente le taux d’opinion positive. Le niveau des loyers est bien évidemment l’élément fondamental d’une telle appréciation. En revanche la « lourdeur des démarches » et la pollution sonore jouent défavorablement.

Le département compte environ 100 000 logements du parc privé.
Selon l’enquête loyer de l’OLAP  , le loyer moyen pratiqué dans le parc privé libre s’élève à près de 10 €/m². Les loyers diminuent avec la taille de l’appartement, de près de 13 € /m² pour un studio à moins de 8 €/m² pour un F4. Le montant des loyers avoisine celui pratiqué en grande couronne, à l’exception des Yvelines.
Si le département de la Seine-Saint-Denis offre des loyers moyens inférieurs à ceux de la petite couronne, et à fortiori de Paris, il n’en demeure pas moins que les loyers connaissent une progression.
Les données relatives aux loyers des emménagés récents modifient la hiérarchie des loyers de la région, avec un décrochage vers le haut de la Seine-Saint-Denis qui devient une zone intermédiaire entre la grande couronne et la petite couronne. La moyenne dépasse les 11 €/m², avec une fourchette allant de 13,5 € à 9,5 €.
De plus, toute moyenne gomme les différences. Les loyers évoluent sensiblement en fonction du site géographique. Les quartiers les plus fonctionnels, et donc les plus recherchés, proposent des loyers proches de ceux pratiqués au centre de l’agglomération. Ces loyers ne sont donc pas en adéquation avec la capacité financière des ménages, et en particulier de celle des jeunes.

De fait, des situations de sur-occupation dans le parc privé, le plus souvent ancien, ne sont pas rares.

Une agence immobilière à vocation sociale (AIS 93) a été créée dans le département afin de capter des logements dans le parc privé. Elle propose aux propriétaires une gestion locative adaptée. L’agence gère une quarantaine de logements qui s’adressent à toute personne en difficulté d’accéder à un logement de droit commun.
La complexité à obtenir des baux tiendrait à la fois au manque de logements et à la frilosité des bailleurs privés à louer leur bien à un public à priori peu solvable.

Points-clef
Nombre de logements du parc locatif social : 188 000
Nombre de bailleurs sociaux : 190
Le parc social est inégalement réparti sur le territoire
Huit communes ont moins de 20% de logements sociaux
Nombre de logements du parc locatif privé : 100 000
Les loyers de ce parc sont en progression


La propriété

Au cours de l’année 2000, 16 000 ventes ont été réalisées.

La Seine-Saint-Denis s’avère un des rares départements franciliens à connaître une progression du volume des ventes.
La baisse des droits de mutation et des taux du crédit immobilier ne sont pas étrangers à ce phénomène.

La raréfaction de l’offre locative et le coût relativement faible du marché en Seine-Saint-Denis peuvent expliquer le dynamisme de ce marché.
De plus, une valorisation de certains territoires du département –généralement les plus proches de Paris- semble s’amorcer.

Les ventes concernent prioritairement l’achat de logements existants. Le secteur pavillonnaire compose plus du tiers du marché. Les propriétaires s’orientent vers l’achat de logements de taille moyenne, voire de grands logements.

Le prix moyen sur l’ensemble du département s’élève à 1 461 €/m².
En fonction du type de logement, de son état, de l’environnement ou encore de l’implantation géographique, les prix varient de moins de 1 100 €/m² à près de 1 800 €/m².
Ces prix sont systématiquement en dessous des prix moyens pratiqués en région francilienne s’élevant à environ 3 000 €/m².

La FNAIM propose une « typologie de l’environnement » qui est un des critères explicatifs des valeurs immobilières.
En Seine-Saint-Denis, les « quartiers résidentiels » ne représenteraient qu’environ 1% du territoire, contre 27% de « banlieues populaires » et 45% des « cités ». Le restant se répartit entre les banlieues résidentielles et les quartiers commerçants.

Les acquéreurs sont sur-représentés dans la tranche d’âge comprise entre 30 et 49 ans qui correspond à un âge typique de l’acquisition pour des raisons familial, résidentiel et patrimonial. L’accession à la propriété et la constitution d’une famille étant souvent concomitantes.
Les acquéreurs de moins de 30 ans représentent une proportion minoritaire (14%). De plus, la part des ménages propriétaires de moins de 30 ans a connu une diminution au cours des dix dernières années.

Des prêts existent pour les ménages aux ressources modérées, tels le Prêt à taux zéro (PTZ) ou le Prêt à l’accession sociale (PAS).
Le premier a concerné près de 1 000 ménages en 2002 et le second plus de 400. Concernant le PTZ, seuls 12% des bénéficiaires ont moins de 26 ans. Les principaux bénéficiaires se situent dans la tranche d’âge des 26 à 35 ans, soit 48% de l’ensemble.
Les bénéficiaires d’un PTZ sont sous-représentés dans les grandes agglomérations, et en premier lieu en région parisienne. Ces prêts présentent, en effet, un intérêt véritable dans les zones où le foncier est relativement bon marché.
Toutefois les conditions d’obtention du PTZ viennent d’être modifiées sur deux points -durée du remboursement et revenu à prendre en compte  - afin notamment de mieux faire bénéficier les jeunes en début de carrière.

Le dossier du CDH de juin 2003 note que dans l’objectif « de favoriser la mixité dans les ZUS, l’Etat a lancé en 2002 un appel à projet expérimental, et mis en place les crédits nécessaires pour permettre de réaliser 1 000 logements en accession à la propriété ». Les ménages pouvant bénéficier de cette subvention forfaitaire doivent respecter les critères de ressources du PTZ.
Ce nouveau dispositif n’a bénéficié qu’à deux opérations immobilières dans le département de la Seine-Saint-Denis.

La Caisse des dépôts et consignation (CDC) met en garde des conséquences de « la promotion immobilière qui propose des programmes d’accession à la propriété dans des quartiers excentrés et situés à proximité de secteurs très dégradés. Ces opérations ne seront-elles pas les prochaines copropriétés dégradées ? »

Selon la Chambre des Propriétaires de Paris, « les jeunes étant mobiles et relativement moins solvables, la propriété n’est guère adaptée : la location est le mode d’habitat idéal pour ce public. Et même si la propriété peut sembler une possibilité tentante en période de crise, elle n’est pas un remède miracle et la dangerosité est avérée. L’accession à la propriété ne peut se réaliser que lorsque toutes les conditions financières sont remplies ».

L’accession à la propriété pour des ménages jeunes doit donc se réaliser avec une extrême prudence. L’ensemble des conditions sociales et financières doit être réuni. La primo-accession ne peut répondre que de manière très marginale à la question du logement des jeunes.

Points-clef
Nombre de ventes réalisées : 16 000
Les transactions concernent en priorité l’achat de logements existants
Proportion des acquéreurs de moins de 30 ans : 14%
Nombre de Prêts à taux zéro : 1 000, dont 12% accordés à des personnes de moins de 30 ans
Nombre de Prêts à l’accession sociale : 400

 

2.1.3 Une offre temporaire : l’hébergement

Les structures non spécifiques aux jeunes

Les structures permettant l’accueil d’urgence ou de court séjour (environ 1 semestre) proposent environ 2 000 places, dont 30% sont situées au sein de CHRS  .

Les estimations évaluent à environ 300 jeunes accueillis quotidiennement dans ces structures.

La DDASS estime que globalement « 35% des personnes hébergées en centres d’hébergement d’urgence et 48% en CHRS pourraient accéder à un logement en résidence sociale ou à un logement autonome ». Ces statistiques s’appliqueraient également aux jeunes.

Avec 14 résidences sociales , le département propose environ 530 places.
Ces équipements, répartis sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, ont des capacités d’hébergement variables, allant d’une dizaine à plus de soixante places.
Les logements sont plus particulièrement conçus pour les personnes isolées ou les familles monoparentales, qui représentent approximativement les 2/3 des hébergés.

Les modes de fonctionnement et le public accueilli diffèrent d’un établissement à l’autre, en fonction de spécificité propre.
Un trait commun relie l’ensemble de ces structures qui porte sur la faiblesse du taux de rotation. Du fait d’une saturation, l’accès à ces modes d’hébergement en devient fort complexe et ne peut répondre qu’en partie aux besoins. Les listes d’attente se généralisent. L’accentuation des critères de sélection se banalise.
Le public cumulant les difficultés socio-économiques connaissent des difficultés pour accéder à ces équipements. Les jeunes sont, en premier lieu, concernés.
La situation s’aggrave pour les jeunes désocialisés. L’errance des jeunes est un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Les types d’habitat inadaptés à un mode de vie décent prolifèrent, tels que les squats (pour les plus socialisés), le refuge dans les caves, dans les voitures ou au sein de toutes formes d’abris.

Le département regroupe 51 Foyers de travailleurs migrants (FTM), soit plus de 20% des foyers de la région d’Ile-de-France, pour une capacité totale d’accueil de 13 670 places. Les principaux gestionnaires sont l’Adef, l’Aftam, Soundiata et surtout la Sonacotra (27 foyers).
Des opérations de réhabilitation, afin notamment de résorber les foyers insalubres mais également d’uniformiser les mises aux normes d’hygiène et de sécurité, sont en cours ou programmées sur 30 foyers.
Outre la question des travaux de restructuration (réhabilitation ou desserrement), les foyers sont souvent confrontés à un taux de sur-occupation sensible (le nombre de résidents serait d’environ 20 000 pour 13 670 places), à la quasi absence de « turn-over » et au vieillissement de ses résidents.
Ainsi, concernant ce dernier point et à l’échelle régionale, « 27,7% des clients de la Sonacotra ont plus de 60 ans et les projections démographiques prévoient qu’en 2005, un résident sur deux aura plus de 55 ans et un sur trois plus de 65 ans ».
Les enjeux de ces établissements passent par une prise en compte des conséquences du vieillissement de sa population en s’orientant vers le développement de résidences sociales.
Si des jeunes, notamment en formation ou dans des situations d’urgence (jeunes chassés du domicile familial), peuvent être accueillis temporairement au sein de ces foyers, leur nombre est marginal et tend, de plus, à diminuer.
A titre illustratif, la Sonacotra héberge actuellement 5% d’étudiants et de stagiaires.
De par leur mission première -l’accueil des travailleurs étrangers- et des difficultés rencontrées actuellement, ces foyers ne répondent pas aux besoins des jeunes, tout au moins sur le court et moyen termes.

Le département compte également un nombre non négligeable de chambres en hôtel meublé, évalué à 3 300 chambres. Les hôtels, souvent anciens, ne présentent pas tous les signes de confort. Cette offre tend à diminuer : 2 000 meublés auraient disparu au cours de la décennie écoulée.

Points-clef
Nombre de places en structures d’urgence ou d’insertion : 2 000
Nombre de jeunes accueillis : 300 (estimation)
Nombre de résidences sociales : 14
Ces équipements connaissent un faible taux de rotation et les situations de saturation sont fréquentes
Nombre de FTM : 51 soit une capacité d’environ 13 700 places
Nombre de chambres en hôtel meublé : 3 300
Nombre de meublés ayant disparu en dix ans : 2 000

 

Les structures spécifiques aux jeunes

Les résidences universitaires sont de deux types, celles dépendant du CROUS et celles appartenant à des opérateurs privés.

Le CROUS propose différentes sortes de logements : les résidences dites traditionnelles, les nouvelles résidences et les appartements dispersés dans le parc HLM.
Les résidences traditionnelles ont été bâties dans les années 60. Elles sont en cours de réhabilitation. L’objectif étant de garder la même capacité d’hébergement à l’issue des travaux de réaménagement. Ces résidences sont mises à disposition des étudiants pour une durée de 9 mois.
Les nouvelles résidences ont été construites au cours des vingt dernières années et offrent des conditions de confort d’une qualité supérieure. Les étudiants peuvent y rester 12 mois.

Les trois CROUS de la région francilienne offrent un parc de 17 100 lits pour 650 000 étudiants, soit une possibilité d’accueillir moins de 3% des étudiants.
Les projections démographiques prévoient une stabilisation, voire une diminution, du nombre d’étudiants.

Le CROUS de l’Académie de Créteil gère en Seine-Saint-Denis sept cités universitaires offrant une capacité d’environ 1 200 places pour 45 000 étudiants, soit une capacité d’accueil de 2,7 lits pour 100 étudiants.

Sur les sept résidences, demeure une « résidence traditionnelle ». Le CROUS est propriétaire de cette résidence et est locataire des « nouvelles résidences ».
A l’exception de deux résidences, les établissements se concentrent à proximité des universités de Saint-Denis (Paris 8) et de Villetaneuse (Paris 13).
La possibilité de proposer des appartements au sein du patrimoine des organismes HLM ne se pratique guère dans l’académie de Créteil. En effet, la dispersion des chambres dans le parc diffus complexifie la gestion locative. De plus, le CROUS précise que les bailleurs proposent trop souvent des logements délaissés, localisés au sein de quartiers en difficulté.
L’offre proposée par des propriétaires particuliers est, quant à elle, marginale.

La typologie des résidences privilégie les chambres pour célibataires. Le CROUS souhaiterait diversifier l’offre en proposant des chambres doubles pour l’accueil des couples.

Le CROUS précise que les critères privilégiés par les étudiants sont le coût du loyer et la localisation des cités U, à proximité des universités et des transports en commun.

Une étude   portant sur le logement social étudiant dans l’Académie de Créteil confirme que le CROUS ne peut satisfaire, sur le pôle universitaire de Saint-Denis/Villetaneuse, que 2% des demandes.
Il est donc précisé que l’effort doit être concentré autour des sites universitaires de Saint-Denis-Villetaneuse, étant les plus défavorisés.

Le CROUS a une approche sociale en favorisant les étudiants boursiers ou en difficulté économique. Les étudiants peuvent disposer d’une allocation logement (APL ou ALS). Sur l’ensemble de l’Académie de Créteil, plus de 20 000 étudiants sont boursiers sur un ensemble de 105 000 étudiants. Selon le CROUS de Créteil, « les étudiants de Seine-Saint-Denis sont les plus en difficulté et devraient donc avoir accès à une résidence universitaire en priorité ».

Le CROUS se voit confronter à la double difficulté des impayés de loyer et surtout de la sortie des lieux. Faute de solution, à l’expiration de leur statut d’étudiant, certains locataires restent dans les lieux. Les rares travailleurs sociaux du CROUS ne peuvent réaliser un suivi social individualisé et la question de la sortie des cités U ne rentre pas dans les missions imparties aux CROUS.

Après avoir mené de nombreuses expérimentations, restées systématiquement infructueuses, le CROUS se cantonne à la gestion des résidences universitaires.

A part la livraison d’une résidence en 2003 et la réhabilitation en cours de la « résidence traditionnelle » , le CROUS n’a pas de projets substantiels pour la Seine-Saint-Denis.

Le CROUS précise que l’absence de projets de créations de nouvelles résidences tient à plusieurs contraintes : le coût du foncier, le désengagement de l’Etat, la réticence des maires ou encore la faible implication des bailleurs. La question du foncier serait fondamentale en région francilienne. Le CROUS a le souci du choix de la localisation des cités U. Or, le foncier accessible se situe, de fait, dans des zones excentrées, non propices à l’implantation de nouvelles structures.

Confronté à cet écart entre l’offre et la demande, le CROUS précise qu’une « part notable des étudiants s’autocensurent en ne déposant pas de demandes, sachant que leur chance d’obtention d’une chambre est nulle ».

Dix résidences universitaires privées, pour une capacité d’accueil d’environ 1 500 places, sont également implantées sur le département. Les principaux gestionnaires en sont Résidences services gestion (les « Estudines ») et FAC Habitats, qui possèdent chacun trois résidences.

L’essor des résidences universitaires privées est le fruit à la fois d’aides fiscales à l’investissement locatif et de la généralisation des aides publiques à la personne en direction du secteur locatif privé.

Ces résidences s’adressent en priorité à des étudiants célibataires dont le niveau de vie s’apparente aux classes moyennes.
Le coût du loyer est variable, allant d’environ 200 € à plus de 600 € par mois.

Les pouvoirs publics (Etat et Conseil régional) aident à la création de nouvelles résidences et à la réhabilitation des résidences existantes.
Au cours de l’année 2002, l’Etat a financé à hauteur de près de 317 000 € et la Région à dépasser le million d’euros. Les crédits portaient alors sur les financements en PLUS.
Or la circulaire ministérielle en date du 27 mars 2003 modifie le mode de financement des résidences qui devront obtenir des prêts en PLS. L’éligibilité au PLUS ne pourra être accordée que de manière exceptionnelle.
La seule programmation effective semble être la construction d’une résidence à Saint-Denis portant sur 166 lits et dont la date de livraison est prévue pour 2007.
Cette nouvelle règle financière risque de retarder, voire d’annuler, des projets.

Et pourtant les besoins sont saisissants. Dans son rapport au Sénat  , Jean-Pierre Schosteck a évalué à 20 000 le nombre de logements devant être construits pour les étudiants, dont 15 000 en Ile-de-France. Il considère que l’Etat s’est révélé incapable, à lui seul, de mener à bien un effort massif de construction de logements universitaires, pourtant rendu nécessaire par la démocratisation de l’enseignement supérieur.

Le département compte huit Foyers de jeunes travailleurs (FJT) pouvant accueillir près de 1 500 jeunes de 18 à 25 ans.
A l’échelle de la région francilienne, 53 FJT hébergent plus de 7 100 jeunes.
Sur le département, le principal gestionnaire des FJT est l’ALJT (Association pour le logement des jeunes travailleurs).
Deux foyers sont municipaux, propriétés des offices publics d’Aubervilliers et de Saint-Ouen.

Deux foyers ont été réhabilités, l’un en 1988, l’autre en 1991.
Le foyer de Rosny-sous-bois a changé d’affectation (foyer construit dans les années 60 dans le cadre de la politique de coopération) et a également connu une réhabilitation en 2000/01.

La population résidant au sein des FJT vient aussi bien du département que de l’ensemble du territoire national. La proportion serait de 40% de provinciaux et 60% de Franciliens au sein du foyer de Saint-Denis.
Le profil et le parcours de vie des hébergés s’avèrent diversifiés : depuis les jeunes provinciaux en mobilité professionnelle jusqu’aux décohabitants en situation d’urgence, en passant par les jeunes en formation.
Les foyers définissent des critères de sélection. Ainsi, le foyer de Saint-Denis demande que les futurs  hébergés soient dans un parcours d’insertion et possèdent des ressources minimales mais suffisantes pour vivre (de l’ordre de 450 € /mois).
Les personnes en grande précarité ne peuvent donc pas accéder à cette forme d’hébergement. 

Compte tenu de la difficulté d’accéder à un logement autonome, la durée d’hébergement tend progressivement à s’allonger.
Ainsi, à titre d’exemple, la moyenne d’hébergement est-elle de huit mois au foyer de Saint-Denis, alors qu’elle était de six mois deux ans auparavant.
Ce foyer tente de faciliter la sortie par le développement d’un partenariat dans la perspective d’un véritable travail en réseau. L’identification des « personnes-ressources » est en cours de réalisation. Le foyer souhaite notamment mieux utiliser les possibilités offertes par le 1% patronal.
Afin d’aider à la préparation à la vie dans un logement autonome, ce foyer organise des « ateliers de recherche de logement ». Ces ateliers répondant à des demandes ponctuelles n’atteignent pas les objectifs souhaités. Aussi, le foyer cherche-t-il à mettre un place un programme structuré « d’ateliers logements », avec l’intervention de partenaires extérieurs.

Bien que les besoins soient difficiles à quantifier, les listes d’attente ne sont guère négligeables. La demande aurait augmenter de 200% entre 1995 et 2002.
Le foyer de Saint-Denis (qui selon notre hypothèse de travail serait assez représentatif de la situation départementale) avance le ratio de cinq demandes pour un lit. Les gestionnaires du foyer sus-nommé évaluent les besoins de construction à environ 600 places.

Le nord-ouest du département est relativement bien équipé (présence de foyers à Aubervilliers, Saint-Denis, Saint-Ouen, Epinay) ainsi que le centre du département (Livry-Gargan, Bondy), voire le sud (Rosny-sous-bois). En revanche le nord-est et le sud-est du département en sont dépourvus.
Compte tenu de l’essor économique du secteur de la Plaine, les besoins risquent de dépasser l’offre actuelle.
Les constructions de petites structures pourraient être implantées, en priorité, au sein des « dents creuses » du département. Toutefois, les lieux d’implantation doivent prendre en compte l’environnement urbain et la proximité des transports publics.

Le département dispose d’un internat scolaire public, sis à Aulnay-sous-bois, pouvant accueillir 48 scolaires (uniquement des garçons). Equipement construit en 1963 et réhabilité trente ans plus tard.
Cet établissement est signalé à titre indicatif.
Le débat  relativement récent portant sur la construction d’internats ne correspond pas vraiment à notre problématique.

Points-clé
Nombre de résidences universitaires publiques : 7
Nombre de places : 1 200 places, soit 2,7 lits pour 100 étudiants
Nombre de résidences universitaires privées : 10
Nombre de places : 1 500, soit 3,3 places pour 100 étudiants
Les étudiants privilégient le coût du loyer et la localisation
Modification du mode de financement des résidences publiques : l’éligibilité au PLUS devient exceptionnelle
Estimation des besoins en logements pour étudiants : 15 000 (à l’échelle de la région francilienne)
Nombre de FJT : 8 pour une capacité de 1 500 lits
La durée d’hébergement tend à s’allonger
Estimation du nombre de places en FJT à créer : 600

 L’hébergement géré par des associations spécialisées

Comme nous l’avons vu précédemment, les centres d’hébergement (d’urgence et d’insertion) s’adressent rarement à un public exclusivement composé de personnes de moins de 30 ans.

Les centres d’urgence, notamment ceux ouverts en période hivernale et proposant une « solution » pour une nuit, ne semblent pas du tout adéquat à un public de personnes jeunes.
Une violence multiforme (violence des situations rencontrées, violence des conditions d’hébergement, violence physique …) serait même franchement nuisible à l’insertion de personnes jeunes et donc, à priori, plus vulnérables.
L’orientation de nombreuses associations vise à chercher des solutions alternatives moins brutales, comme les nuitées à l’hôtel, les logements en ALT   ...

S’agissant de l’hébergement temporaire, quelques associations ont ciblé leur mission sur le public des jeunes. L’hébergement peut alors se faire au sein de structures collectives ou dans le parc diffus.

En tant qu’opérateur social, Interlogement 93 a créé une résidence sociale pour l’accueil des personnes âgées de moins de 30 ans.
La résidence « Chanzy », sise à Montreuil, accueille une population âgée de 15 à 30 ans.
Cette structure, d’une capacité d’accueil de 31 logements, peut héberger des célibataires, des couples et des familles monoparentales.

La résidence doit permettre de conforter une autonomisation en cours.  

L’association Essor 93 gère 120 logements, essentiellement en ALT, situés aussi bien dans le parc public que privé, à des jeunes pris en charge par les services de l’ASE   du Conseil général.

L’association, en plein développement, souhaiterait réaliser une « maison familiale » comprenant des logements individuels et des espaces collectifs pour des jeunes majeurs. L’idée sous-tendant ce projet est de permettre aux jeunes de rester dans leur environnement afin d’éviter tous phénomènes de déscolarisation et désocialisation.

Un second projet viserait à faciliter l’hébergement de jeunes en formation (étudiants, apprentis …). Pour ce faire, l’association entreprend actuellement des démarches en direction d’opérateurs potentiels.

L’association perçoit une augmentation du nombre de jeunes en situation de souffrance psychologique, de jeunes mères à la rue ou encore de « jeunes se mettant en échec ».

L’association Devenir suit également des jeunes célibataires de l’ASE en gérant un internat (pour les mineurs) et un service de suite.
Ce service propose une trentaine de lits répartis dans le parc diffus sous forme de studios ou d’appartements partagés.
Le « turn-over » est faible, libérant annuellement quelques places. La liste d’attente est d’environ 30 personnes.
L’association reçoit chaque année environ 60 jeunes migrants isolés, qui seraient approximativement 400 à l’échelle de la Seine-Saint-Denis.
Dans 70% des cas, les jeunes accèdent à leur sortie à un logement autonome.

La fin de la prise en charge par l’ASE entraîne trop souvent des situations d’hébergement très précaires, du type des squats.

Le département compte également des établissements accueillant les jeunes mères avec enfants. Du fait d’une augmentation des situations, nombreux partenaires ont souhaité attirer l’attention sur ce public. La Seine-Saint-Denis dispose de 8 centres d’accueil mères-enfants, pour une capacité d’accueil de 161 places.
L’hébergement est le plus souvent proposé dans le parc diffus avec un soutien social de la part des associations spécialisées. Ces structures dépendent du Conseil général.

L’objectif de l’association ALJM est l’accès à un logement autonome des jeunes mères. Pour ce faire, l’association accueille des jeunes femmes enceintes ou des jeunes mères en charge d’au moins un enfant de moins de 6 ans.
L’association est homologuée pour 35 baux glissants, répartis sur 9 communes. Les conventions sont signées avec des bailleurs sociaux, notamment des offices.
L’association mène un accompagnement social axé sur la relation entre la mère et l’enfant. La difficulté à habiter les logements s’avère très courante.
Alors que la rotation est faible, une trentaine de familles (sur les 9 communes connues par l’association) serait en attente.

L’association note l’émergence de « situations complexes de jeunes femmes vivant dans une continuité familiale de l’absence de logements classiques, ayant passé leur enfance en centres d’hébergement ou dans des squats ».

L’ALJM pointe également le risque de morcellement de familles monoparentales lorsque les « enfants » sont majeurs et ne peuvent plus être accueillis avec leurs mères.

Cette structure souhaite développer son activité en proposant des appartements au sein d’un même immeuble avec un travail social ciblé sur l’autonomie. Ce projet devrait voir prochainement le jour.

La DDASS propose une estimation du nombre de jeunes (les 18 à 25 ans) hébergé dans les différentes structures du département :

Type d’accueil Nombre de places Part et nombre de jeunes
Hébergement d’urgence 582 20 à 25% soit 120 à 140
CHRS 825 25% soit 200
Logements en ALT 1438 30% soit 420
FJT 1430 100% soit 1430
Centre maternelles 118 50% soit 59
Total 2963 2229 à 2249
Source : DDASS/COPAS, Diagnostic partagé sur l’errance des jeunes, décembre 2001

Points-clé
Nombre de logements dans la résidence sociale pour l’accueil des moins de 30 ans : 31
Nombre de logements (parc diffus) gérés par l’association Essor : 120
Nombre de places (parc diffus) gérés par l’association Devenir : 30
Nombre de logements (parc diffus) gérés par l’association ALJM : 35
Public-cible des associations Essor et Devenir : jeunes suivis par l’ASE
Public-cible de l’association ALJM : jeunes mères avec enfant(s)


2.2 Les dispositifs d’aide à l’accès et au maintien dans un logement

Ce rapport n’ambitionnant pas de devenir un « guide pratique » et ne cherchant pas à l’exhaustivité, nous nous limitons à présenter certains dispositifs que nous avons sélectionnés, en vue d’une reproduction ou d’une amélioration le cas échéant.
Les actions expérimentales sont présentées dans la quatrième partie de ce document. La partie propositionnelle fait donc écho à ce paragraphe de présentation.


2.2.1 Aides et soutien accessibles aux jeunes

Les Missions locales

Depuis 20 ans, les missions locales visent à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes de 16 à 25 ans.
Du fait d’un maillage serré sur le territoire, les 14 missions locales du département, ainsi que la PAIO , sont en contact étroit avec les jeunes en difficulté et ont, donc, une connaissance fine de ce public.
Il en ressort qu’environ le tiers des jeunes fréquentant ces structures connaissent des problèmes pour se loger.
Les situations de détresse s’intensifient avec notamment un phénomène d’errance prononcée.

Contrairement aux années 80, les missions locales considèrent que la difficulté à accéder à un logement dépasse celle d’obtenir un emploi.

Les missions locales interviennent de plus en plus dans le domaine de l’hébergement et du logement. Ainsi, afin d’éviter que les jeunes transitent dans des centres d’urgence, 12 missions locales gèrent des nuitées d’hôtels.

La mission locale d’Epinay-sur-Seine participe à l’élaboration d’un dispositif de logements-passerelle. Dans le cadre du Grand Projet de Ville (GPV) de Villetaneuse-Epinay-sur-Seine, un projet d’une résidence sociale « éclatée », composée de 20 logements gérés par Interlogement 93 en baux associatifs, est en cours d’élaboration.
La résidence s’adresse à des jeunes décohabitants en voie d’insertion qui accèdent à un premier logement.
La particularité d’une résidence « éclatée » implique un accompagnement social adapté.
Afin de ne pas dépasser la durée maximale de séjour fixée à deux ans, la quinzaine de bailleurs sociaux partenaires de l’opération s’impliquent, en amont, sur la question de la sortie, c’est-à-dire du relogement.
Une attention toute particulière devrait être portée sur ce programme afin d’en évaluer les résultats et de proposer de reproduire l’expérience, en l’adaptant aux contingences locales.
D’ores et déjà, Interlogement 93 pointe deux difficultés : celle de trouver des baux et celle de travailler dans le secteur diffus.

L’exemple de la mission locale de  « La Lyr » (Pantin/Le Pré-Saint-Gervais/Les Lilas) est particulièrement symptomatique de ce dynamisme départemental.

La mission locale s’est impliquée dès 1996 en créant des « permanences logement », prestations individuelles en direction de jeunes en attente de moyens et de méthodes pour obtenir un logement.
Des ateliers collectifs d’information sur le logement ont été mis en place à partir de 2001, en étroite collaboration avec la CAF 93.
Toujours en partenariat avec la CAF, et dans le prolongement de ces outils, des « ateliers de recherche logement » ont été initiés en 2002. Cependant, avec un taux de participation de 24%, ces ateliers de recherche de logement n’ont  pas pleinement répondu aux objectifs escomptés.
Afin de proposer une action plus conforme aux besoins des jeunes, ces ateliers sont, pour l’heure, suspendus.

La mission locale se voit également le soin de gérer des nuitées d’hôtel, et ce, dans le cadre du dispositif « urgence » de la DDASS.
En 2002, 12 jeunes, pour près de 250 nuitées, ont bénéficié de ce dispositif pour un séjour moyen de trois semaines.
Seule une personne a pu accéder à un logement autonome (dans le parc privé) à l’issue de son séjour en hôtel.
La mission locale a obtenu pour 2003 un financement pour 350 nuitées avec l’objectif de réduire la durée de séjour à deux semaines.

Ces différentes actions ont conduit la mission locale à définir un pôle logement au sein de sa structure.

A ces actions en interne s’ajoutent une recherche partenariale et la participation aux principales réflexions menées sur le département (FSL jeune, rapport sur l’errance, rapport sur le logement des jeunes, participation à la journée organisée par Interlogement 93 sur le logement des grandes familles et des jeunes  …).
La mobilisation de la mission locale « La Lyr » répond à une demande grandissante des jeunes en matière d’habitat.
Elle se trouve confrontée à la difficulté de mobiliser le partenariat, au manque de moyens humains, à une certaine absence de professionnalisme dans ce domaine (les conseillers sont, avant tou,t des professionnels dans les domaines de la formation et de l’emploi).
L’entrée dans un logement autonome, ou toutes formes d’hébergement, s’avère d’une grande complexité.
La mission locale déplore « l’insuffisance de solutions de logement ».
Notons que cette forme d’activisme est souvent le fruit de personnalités sensibilisées à la question du logement et que, bien que fortes intéressantes, ces actions demeurent fragiles.
La consolidation des missions locales, par un renforcement des moyens voire par un soutien méthodologique, reste à mettre en œuvre.


Les aides de la CAF

Les aides à la personne se subdivisent entre l’Aide personnalisée au logement (APL), l’Allocation logement à caractère familial (ALF) et l’Allocation logement à caractère social (ALS).
A l’échelle du département, le montant total alloué s’élevait à environ 378 000 M€ en 2001.
La majorité des allocataires (60%) bénéficie d’une APL.

La CAF de la Seine-Saint-Denis a créé un dispositif spécifique pour les jeunes que nous présentons dans la partie 4.

Le montant des allocations logement peut être modifié par l’instauration de nouveaux critères dans le mode de calcul.
Sans vouloir tenir un discours catastrophiste, une certaine fragilité affecte la hauteur du montant des allocations. Le durcissement de l’attribution des aides pouvant voir le jour. Les débats portant sur le financement de l’APL et de l’ALS en 2003 sont révélateurs d’éventuels soubresauts. Ainsi, en application des décrets du 27 juin et 2 juillet 2003, le montant des aides au logement aurait baissé pour les couples étudiants comme pour les jeunes salariés de moins de 25 ans.
L’application de ces décrets a été suspendue par le gouvernement en septembre 2003.

 Le LOCA PASS

Les aides du LOCA PASS ont été mises en place dans le cadre d’une convention contractée en 1998 entre l’Etat et l’UESL  afin de faciliter l’accès et le maintien dans un logement, par le truchement d’une avance sur le dépôt de garantie ou d’une garantie sur le paiement du loyer et des charges.

Outre les salariés, les personnes de moins de 30 ans (salariés, étudiants boursiers ou au chômage) sont bénéficiaires de cette aide. Seuls les fonctionnaires en sont exclus.

Des modifications, sur le mode de remboursement de l’avance LOCA PASS, ont été opérées en 2003   en vue d’une « meilleure responsabilisation des bénéficiaires ».

La convention a prévu la possibilité de mettre en place un suivi social pour les jeunes en cas d’impayés. Suivi réalisé directement par le bailleur ou par le biais d’une association spécialisée.

Le bilan national du LOCA PASS fait apparaître que plus du quart des bénéficiaires de cette aide vit en région francilienne. 
Au cours des trois premiers trimestres de l’année 2003, le nombre total d’aides allouées en Seine-Saint-Denis dépasse 10 000, avec un léger avantage pour les dépôts de garantie (56% des aides).
Le bilan du LOCA PASS montre que les deux types de parc (social et privé libre) bénéficient de ces aides, dont 57% sont accordées à des locataires du parc social, en conformité avec la typologie du parc de la Seine-Saint-Denis. La proportion est inverse au niveau national avec une prédominance du parc privé (64%). Compte tenu des spécificités de la région francilienne, la part minoritaire représentée par le parc privé conventionné (10%) est logique.

Plus de la moitié des bénéficiaires (53%) ont moins de 30 ans, soit environ 5 500 dossiers instruits. Cette proportion est plus faible, de l’ordre de 10 points, de la moyenne nationale.
Les aides allouées aux jeunes bénéficient pour une part notable à des personnes accédant à un premier logement indépendant. A l’échelon national, 40% des jeunes bénéficient de cette aide afin de décohabiter du domicile parental.
 
La convention distingue les « jeunes »   des « étudiants boursiers ». Avec un total de 37 dossiers, les étudiants sont sous représentés. La méconnaissance du dispositif pourrait expliquer ce constat. Plus qu’une information en direction des étudiants qui semble déjà bien réalisée, la communication devrait davantage viser les propriétaires isolés. Le bilan national considère que cette « aide s’avère encore peu connue des propriétaires privés et semble avoir un impact marginal sur les politiques d’attribution dans le logement social ».

Pour autant, ce dispositif a réellement pris de l’ampleur à partir de l’année 2000. Les aides ont été particulièrement sollicitées en 2001 et 2002 (en premier lieu les dépôts de garantie) pour atteindre en 2003 un « rythme de croisière ».

Une des originalités du CPLOS   (collecteur du 1% implanté en Seine-Saint-Denis) est de proposer des relais d’information auprès des employeurs cotisants, ce qui permet d’atteindre un niveau de communication satisfaisant.

Actuellement, certains acteurs de terrain craignent surtout que l’essor de ce dispositif prenne fin, du fait de contraintes budgétaires.

Outre cette inquiétude, certains interlocuteurs se posent la question des limites d’un tel système en période de marché du logement tendu.
L’accès au logement ne cessant de se complexifier, les personnes peu stables économiquement risquent d’être, de fait, exclues des ces aides. Le bilan national révèle que « seulement 3,2% des bénéficiaires sont demandeurs d’emplois et que 72% des ménages bénéficient d’un CDI ». Même parmi les plus jeunes (les moins de 26 ans), plus du tiers travaillent depuis au moins un an au sein de leur entreprise.
L’exemple du CPLOS confirme la suprématie de la catégorie des « jeunes » au détriment des « étudiants », et, au sein des « jeunes », l’importance des salariés par rapport aux chômeurs. Ainsi, sur près de 600 dossiers instruits   par cet organisme pour des jeunes de moins de 30 ans, seuls 3% d’étudiants (19 personnes) ont bénéficié d’un LOCA PASS et parmi les 97% restant, les chômeurs ne représentent que 14% (soit 78 personnes) de l’ensemble des dossiers dits jeunes.

Il est, à cette occasion, rappelé que le LOCA PASS « ne peut à lui seul permettre un accès à un logement pour les populations les plus fragiles d’abord confrontées à la rareté d’une offre de logement à bas loyer, surtout lorsque le marché locatif est tendu ». 

Enfin, nombreux interlocuteurs évoquent la question du suivi social, notamment en cas d’impayés. Les collecteurs du 1% n’ayant pas vocation à effectuer ce suivi, ces prestations incomberaient aux bailleurs et/ou aux associations. La charge du financement d’un tel suivi  se pose alors.
Le CPLOS relative cette remarque en précisant que depuis la mise en œuvre de cette mesure, les garanties ont été activées dans seulement 7% des cas (42 dossiers sur près de 600 garanties engagées) et que les impayés ne concernent que 3% (soit 18 dossiers) de l’ensemble des garanties.

Pour autant, les collecteurs ont décidé de mettre en place des plates-formes afin de répondre à la question de la mobilité professionnelle lors de mutations d’une part et d’orienter les locataires en situation difficile d’autre part. Cet outil est actuellement en cours de montage.

A titre indicatif, nous mentionnons l’ALT et le FAJ, qui de manière très distincte, peuvent aider des jeunes de manière temporelle.

L’Allocation logement temporaire (ALT) est une subvention aidant les associations et les CCAS   à loger, à titre temporaire, des personnes défavorisées.  Plus de 800 logements, dont 22 hôtels meublés sont agrées à l’ALT.
En 2002, près de 600 jeunes de moins de 25 ans du département ont été hébergés dans un appartement en ALT, soit environ la moitié de l’ensemble des personnes accueillies.
La part des très jeunes (les 16 à 18 ans) tend à augmenter, passant de moins de 1% des hébergés en 2001 à près de 7% l’année d’après. La DDASS évoque « la précarisation du jeune public ».


Le Fonds d’aide aux jeunes (FAJ), qui a fait l’objet d’une convention tripartite (Etat, Conseil général et CAF) en 1994, permet d’apporter une aide temporaire pour des personnes de 16 à 25 ans en parcours d’insertion.
Sur près de 2 000 demandes présentées en commission, plus de 500 dossiers concernaient en 2001 une aide au logement, qui correspond en général, à la prise en charge momentanée du loyer.

 Points-clef
Nombre de missions locales et de PAIO : respectivement 14 et 1
Le tiers des jeunes suivis dans ces structures connaîtrait des problèmes pour se loger
Nombre de logements de la future résidence sociale « éclatée » d’Epinay : 20
La mission locale « la Lyr » a mis en place un pôle logement
Nombre de dossiers LOCA PASS : 10 000 dont 5 500 dossiers pour des personnes de moins de 30 ans
Nombre de jeunes logés dans un appartement ALT : 600
Nombre de dossiers du FAJ concernant une demande d’aide au logement : 500

 2.2.2  Les aides en direction des propriétaires bailleurs

Des dispositifs de défiscalisation soutiennent les propriétaires cherchant à louer leurs logements.
Le dispositif dit Besson visait à la location sociale avec un plafonnement des loyers et un barème des ressources des locataires. Compte tenu de la hauteur des loyers pratiqués en Ile-de-France, ce dispositif n’a pas atteint les objectifs escomptés.

La Loi des finances 2002 relance cet avantage fiscal en assouplissant les conditions de loyers et de ressources. La visée sociale du précédent dispositif tend à disparaître.
A l’exception des enfants des propriétaires bailleurs, il ne semble pas assuré que cet avantage fiscal ouvre un marché en direction des jeunes.

Les propriétaires bénéficient également d’avantages fiscaux lorsqu’ils louent en meublé une partie de leur résidence principale. Les étudiants, ou encore les apprentis, sont particulièrement visés par ce dispositif. Le prix de la location est plafonné à 139 € annuels par m² en région d’Ile-de-France.

Des aides existent également afin d’inciter les propriétaires à remettre sur le marché de la location des appartements vacants. Sous certaines conditions, les propriétaires peuvent bénéficier de subventions de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ANAH) pour la remise en état de leurs appartements.
Des incitations existent également pour le conventionnement des logements à l’APL.
Les spécificités du marché du logement francilien semblent entraver la réussite franche de tels dispositifs.

Dans l’état, les dispositifs actuels ne semblent pas favoriser l’arrivée sur le marché d’une offre substantielle de logements adaptés pour les jeunes.

Points-clef
Principales aides en direction des propriétaires bailleurs :
- Mesures de défiscalisation
- Aides pour la remise en location des appartements vacants
- Incitations pour le conventionnement des logements à l’APL
- Sécurisation : FSL / LOCA PASS (cf. paragraphe précédent)


2.2.3 Les actions du Conseil régional d’Ile-de-France

Dans le cadre du CPER , le Conseil régional d’Ile-de-France est la seule collectivité régionale française à proposer de financer en investissement le logement des jeunes.

Les premières actions de la Région en direction du logement des jeunes remontent à 1991. L’action du Conseil régional porte alors à subventionner la réhabilitation de FJT et à aider à la construction de structures pour étudiants, sans contrôle de sa part.

Il faudra attendre l’année 2000 pour que le programme régional en direction du logement des jeunes prenne de l’ampleur.
Actuellement, il existerait un consensus politique pour considérer cette question comme une priorité.

Du fait de ses missions, le Conseil régional propose des actions en direction principalement des étudiants et des apprentis.
A noter que le terme « apprenti » est pris dans une acception large incluant toute personne de moins de 30 ans en formation.

Outre le maintient des subventions destinées à la réhabilitation des FJT, le Conseil régional propose une subvention, co-financée en PLUS par l’Etat, en vue de créer des résidences pour les étudiants et les apprentis.
En 2002, une résidence pour étudiants d’une capacité de 170 logements gérée, par le CROUS, a été financée à Saint-Denis. 
Une circulaire ministérielle de mars 2003 interdit, sauf dérogation, le financement en PLUS de la production pour étudiants. Couvrant la part non supportable de la charge foncière, la subvention régionale est souvent indispensable au montage de ces projets co-financés par l’Etat et le Conseil régional. Des constructions risquent de ne voir le jour.
Le Conseil régional souhaiterait, dans ce cas, « sortir » du CPER afin de s’extraire du co-financement.

Le Conseil régional propose une prime à la remise en location des logements vacants majorée lorsque le logement est loué à un jeune de moins de 30 ans.
Seuls 17 logements ont bénéficié en Seine-Saint-Denis (sur un total de 68 logements en Ile-de-France) de cette aide à la remise en location de logements vacants.
Et sur ces 17 logement, la prime pour la location jeune a été allouée à 1 seul logement en Seine-Saint-Denis (7 à l’échelle régionale).

Le Conseil régional souhaiterait favoriser le logement des jeunes dans le secteur diffus.
Il a prévu d’élaborer un schéma régional du logement des étudiants.

Les lois de décentralisation entraîneront de nouvelles compétences pour les collectivités territoriales, avec des transferts de compétence. L’action du Conseil régional dans le domaine du logement pour les étudiants et apprentis devrait se renforcer.

Points-clef
Aides du Conseil régional d’Ile-de-France :
- Subventions destinées à la réhabilitation des FJT
- Subventions destinées à la création de résidences universitaires (modification du mode de financement)
- Prime à la remise en location des logements vacants
La Région prévoit d’élaborer le schéma régional du logement des étudiants

 
3. Essai d’évaluation des besoins en logement des jeunes

Quantifier et qualifier les besoins des jeunes en terme de logement est une gageure.

Les recherches entreprises par Michel Mouillart peuvent apporter un éclairage pertinent. Afin d’évaluer les besoins, faut-il au préalable connaître l’insatisfaction des jeunes vis-à-vis de leur logement actuel. Elle porte principalement sur le coût élevé des loyers et concerne parfois la qualité du logement et l’inadaptation de la taille. Les chercheurs ont souhaité définir « une norme des conditions de logement jugées acceptables pour des jeunes » afin de mesurer l’écart entre cette norme et la situation actuelle, en vue d’évaluer l’offre nécessaire.

Les conditions de logement frôlent l’insupportable pour les décohabitants n’ayant pas pu accéder « à la qualité et au confort dans un logement réellement indépendant : ils doivent se contenter d’une relative indépendance ». Ces jeunes souhaitent fréquemment déménager.

Les auteurs évaluent à 250 000 logements, au niveau national, l’ensemble des besoins en logement pour environ 500 000 jeunes.

Trois types de besoin sont à prendre en compte. Les besoins d’urgence sont estimés à 90 000 lits, les besoins de nature financière pour 70 000 jeunes (amélioration de la solvabilité par l’intermédiaire des aides à la personne ou baisse du coût du loyer) et les besoins en amélioration du bâti affectent 90 000 logements.

Dans une étude relative au logement des jeunes, L’IAURIF a également distingué trois principaux types de besoins :
Les besoins d’urgence, les besoins de mobilité et les besoins d’indépendance.

Ce travail fut l’occasion de donner la parole à des spécialistes du logement des jeunes sur le thème des besoins. Ainsi Jean-Francis Dauriac, alors directeur du CROUS de Créteil et rédacteur d’un rapport sur le logement des étudiants, évoquent trois types de besoin. Celui des jeunes sans difficulté socio-économique, celui de ceux possédant peu de ressources et enfin celui des jeunes en difficulté sociale. Des réponses demandent à être adaptées à chaque cas de figure.

L’enquête de CitéMétrie, menée auprès d’environ 1 000 jeunes Franciliens en 1997, montrait que si la cohabitation parentale se déroule (relativement) bien, les jeunes « situent entre 22 et 25 ans l’âge « normal » pour devenir titulaire d’un logement indépendant ».
L’écart entre l’envie de décohabiter et la mise en œuvre d’un projet concret est notable. Seuls 8% des enquêtés étaient en « phase de recherche active d’un logement ». L’accès à un emploi, la mise en couple et les problèmes relationnels avec les parents sont les principales motivations à désirer atteindre une indépendance en terme d’habitat.

Mixant choix individuel et contraintes pragmatiques, les types de logements recherchés par les candidats à la décohabitation sont d’une part la location dans le parc privé (51% des enquêtés), la location dans le parc social (33%) et l’accession à la propriété (20%).
Concernant le futur lieu de résidence, seul un tiers des jeunes Franciliens (hormis le cas spécifique et atypique des Parisiens) comptent déménager dans leur commune. La part des jeunes souhaitant quitter la région n’est pas anecdotique puisqu’elle affecte 15% des sondés. Pour autant, pour leur premier logement indépendant, les jeunes privilégient la proximité du domicile parental. Cette « polarité familiale » se retrouve au niveau des trajectoires résidentielles. La moitié des Franciliens de moins de 35 ans vivent à 10 kilomètres, au maximum, du domicile des parents. Cette remarque s’applique avec davantage de prégnance concernant les célibataires et les familles monoparentales.
Le tiers des jeunes accèdent à un logement autonome grâce au soutien de leur famille ou entourage.

Comme le rappelait la Direction départementale de l’équipement (DDE) de Seine-Saint-Denis, bien que la question du logement des jeunes soit récurrente, « il manque une évaluation précise des besoins. ».
Toujours selon la même institution, « il semble nécessaire de catégoriser les besoins, en distinguant les besoins exprimés des besoins réels ».

La difficulté de quantifier les besoins :

La préfecture recense 48 000 demandes de logement pour l’année 2002, soit 3 000 de plus que l’année précédente, qui comptait alors une progression de 5 000 demandes.
La part des demandes émanant de personnes de moins de 30 ans s’élève à près de 17 000, soit plus du tiers de l’ensemble des demandes. A l’échelle francilienne, la part des demandeurs de moins de 30 ans est de 25%. La demande de logement concerne l’ensemble du spectre des logements, mais avec une pression certaine sur les T2 et T3.

Les perspectives démographiques évaluent à 25% l’augmentation de la demande à l’horizon 2010.

Mise à part les programmes neufs, les logements remis par les bailleurs à disposition de la préfecture, c’est-à-dire le «contingent mal-logés», n’atteint pas les 2 200 unités. Ces remises à disposition ne cessent de décliner. Alors que le rapport entre le nombre de demandeurs et celui des logements remis à disposition était de l’ordre de 12 en 1999, il s’élève à 22 en 2002.
 
De plus, cette demande exprimée n’est pas en adéquation avec les besoins réels. Cette remarque s’applique plus particulièrement aux jeunes, qui pour des raisons variées, s’autocensurent.

Le réseau des Missions locales et PAIO   de Seine-Saint-Denis a réalisé une enquête en 2001 auprès des jeunes reçus au cours d’un mois, soit environ 4 000 personnes. Le besoin d’un logement concerne plus de 600 jeunes, soit 15% de l’ensemble. Les demandes portent majoritairement (47%) sur des logements définitifs et autonomes. Plus d’un tiers visent un hébergement temporaire. Les autres ont un besoin immédiat, d’où une demande d’hébergement d’urgence.
La stabilisation professionnelle entraîne logiquement une demande d’un logement classique. La précarité, sociale et économique, oriente le « choix » des jeunes.

La DDASS finance un dispositif visant à favoriser l’autonomie sociale et professionnelle des jeunes : l’Appui social individualisé (ASI). Près du tiers des personnes suivies ont un problème vis-à-vis de l’habitat, soit environ 200 personnes.

Face au constat de l’autocensure des jeunes, il est assez périlleux, pour ne pas dire impossible, d’évaluer la part de ces besoins non formulés. Sont-ils deux fois, trois fois plus élevés que ceux recensés ?

Une tentative de quantifier et qualifier les attributions pour les plus démunis :

En application de la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions , des accords collectifs départementaux sont contractés entre l’Etat et les bailleurs sociaux. Ces accords quantifient l’engagement annuel d’attribution de logements aux personnes en difficulté socio-économiques. Sont concernés les ménages définis dans le cadre du PDALPD  . Contrairement aux autres départements franciliens, le public visé en Seine-Saint-Denis est particulièrement large comprenant « les ménages qui se trouvent exclus de fait des procédures ordinaires d’attribution ».
Le choix d’une cible large aurait eu des conséquences négatives. Ainsi, l’Union sociale pour l’habitat considère que cette option s’est faite au détriment des ménages les plus en difficulté. Pointer le public dans les situations d’extrême détresse aurait été plus judicieux.
Alors que l’objectif de l’accord collectif de la Seine-Saint-Denis visait le relogement de 800 ménages, moins de 300 ménages l’ont été effectivement, soit 37%. Le contingent de la Préfecture (40% des relogements) et les bailleurs (29%) ont le plus contribué à l’accès à un logement de ce public. La Seine-Saint-Denis se démarque des autres départements franciliens qui ont atteint leurs objectifs dans 55% des cas, ce qui est déjà bien en « deçà des espérances », comme le note le bilan 2002 réalisé par la DREIF . Rares sont les dossiers de jeunes étudiés dans le cadre des accords collectifs. Le Conseil général considère que « ce dispositif ne pourra apporter qu’une réponse très partielle à la question de l’accès au logement autonome des jeunes »  .

Le rapport relatif à l’état des lieux de la MOUS sur le développement de l’accès au logement montre l’existence d’un « déficit important d’adaptation physique de l’offre à la demande et aux besoins des jeunes ».
En effet, le niveau des loyers, la structure du parc locatif social (avec une suprématie de logements conçus pour les familles) ou encore une certaine désaffection de l’habitat transitoire (type FJT) sont des facteurs conduisant à cette conclusion.

 Tentative d’évaluation de l’ensemble des besoins

En partant de l’ensemble des statistiques et données chiffrées, nous avons tenter une extrapolation grossière et non scientifique du volume approximatif de jeunes pour lesquels la question du logement se pose.

Cette estimation prend aussi bien en compte les besoins d’urgence, de mobilité que d’autonomie.

Partant d’une hypothèse simple, voire simpliste, que l’ensemble des jeunes de 25 à 29 ans souhaiterait –avec plus ou moins de conviction- décohabiter, que 50% de la tranche d’âge inférieure (c’est-à-dire les 20 à 24 ans) serait dans la même disposition et que ce besoin serait marginal chez les plus jeunes, nous arrivons à un ensemble de 60 000 jeunes susceptibles de quitter le domicile familial.

Notons que cette donnée brute se cantonne à chiffrer les décohabitations potentielles, sans prendre en compte les capacités de leurs mises en œuvre. Il reste également à quantifier la part des jeunes insatisfaits de leurs conditions d’hébergement.


4.  Expériences et orientations

En tout premier lieu, signalons la prise de conscience par l’ensemble des acteurs concernés de l’excessive difficulté pour les jeunes d’accéder à un habitat, et à fortiori, à un logement de droit commun.

Le Conseil national de l’habitat (CNH) pose la question du logement des jeunes en quatre problématiques :

- L’accès à un logement de qualité et de confort
- Le choix du logement et de son statut d’occupation
- Le maintien dans les lieux
- La mobilité résidentielle


Proposer une politique adaptée devrait pouvoir répondre à ces différents champs.

Au niveau du département, le logement des jeunes est une priorité du PDALPD  . L’objectif étant d’améliorer les réponses au logement des jeunes en parcours d’insertion, cumulant parfois difficultés sociales et financières. L’attention est plus particulièrement portée sur les difficultés à accéder à un premier logement.


Mais le constat de l’absence de politique publique du logement spécifique en faveur des jeunes est également amplement partagé et regretté.


En partant des expérimentations initiées dans le département, nous tenterons de proposer des pistes de réflexion en vue d’améliorer l’accès des jeunes à un logement adapté.

 

4.1 Expériences : de la difficulté de la concrétisation et de la transposition

Une aide spécifique de la CAF 93

En plus de ces aides « classiques », la Caisse d’allocations familiales de la Seine-Saint-Denis a mis en place une allocation spécifique pour favoriser l’accès au logement des jeunes du département. L’aide à l’accès à un logement autonome des jeunes majeurs de moins de 26 ans est une aide forfaitaire permettant la décohabitation du domicile parental (les parents doivent alors être allocataires de la CAF) ou la sortie des Foyers de jeunes travailleurs (FJT).

En 2002, la CAF a accordé cette aide à près de 300 jeunes. 

La mise en œuvre d’un Fonds de solidarité logement (FSL) pour les jeunes

Le FSL jeune s’inscrit dans le dispositif général du FSL.
En 2002, l’engagement du FSL « classique » s’est porté sur plus de 5 000 dossiers, dont la majorité (près de 3 700) en vue d’un accès à un logement. Qu’il s’agisse d’un accès comme d’un maintien dans les lieux, la formule de la subvention est privilégiée à celle du prêt.
Le FSL a examiné des demandes d’avis de relogement prioritaire (environ 1 000) dont 400 ont reçu un avis favorable.
A titre informatif, la SDAPL a examiné au cours de cette même année près de 7 800 dossiers d’impayés en location ou en accession, ces derniers étant marginaux (123 dossiers).

Afin d’une part de répondre au mieux aux besoins des jeunes et d’autre part de permettre à des jeunes ne pouvant bénéficier de l’aide à l’autonomie de la CAF 93 de bénéficier d’une aide propre, le comité directeur du FSL a décidé de mettre en place un FSL jeune.
Grâce à l’utilisation d’un traitement immédiat (type « FSL urgence »), ce dispositif se veut plus réactif, en conformité avec les besoins des jeunes.

Un groupe de travail, créé en 2001 par le comité directeur du FSL et réunissant l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs du département, a réalisé un diagnostic sur le logement des jeunes en Seine-Saint-Denis, permettant notamment l’élaboration du FSL jeune.

Ce groupe de travail s’était donné trois priorités : mise en place d’une coordination locale de l’ensemble des intervenants oeuvrant en direction des jeunes, amélioration de l’offre de logements adaptés (en premier lieu avec les bailleurs sociaux) et création d’une aide spécifique pour les jeunes (ce qui devint le FSL jeune). 

Le FSL jeune a été initié par le comité directeur du FSL et la CAF, avec une mise en œuvre multipartenariale (Etat, Conseil Général, CAF).
 
Ce FSL est conçu pour des jeunes en parcours d’insertion (dispositifs TRACE, ASI, ANPE, suivi social par une structure d’hébergement) en vue de faciliter l’accès à un premier logement de droit commun (via un bail classique ou associatif). L’objectif étant bien de convaincre, ou tout au moins d’inciter, les bailleurs à louer des logements à des jeunes.

Le groupe de travail a défini les critères liés au demandeur lui permettant d’être éligible à ce dispositif : majeurs de moins de 25 ans, sans enfant, avec des ressources ne devant pas excéder le SMIC . Cette aide n’est donc accessible ni aux personnes avec enfants, ni aux étudiants.

L’aide, qui se présente sous forme d’une subvention forfaitaire (763 euros), et est cumulable avec le FSL, le FAJ et le LOCA PASS, doit permettre de répondre aux premiers frais d’installation.

Les dossiers sont traités par les commissions locales du FSL dans le cadre de la procédure d’urgence.

Les objectifs misaient sur 90 dossiers par an. De fait, 29 dossiers ont été instruits en l’espace de 20 mois (depuis sa mise en œuvre en janvier 2002 jusqu’en novembre 2003).


Plusieurs hypothèses -émises par différents acteurs rencontrés- peuvent expliquer cet écart : le manque de logements sur le marché, un problème lié à l’information, les critères d’éligibilité trop sélectifs ou encore un traitement hétérogène en fonction des commissions locales.

L’action sur le quartier des Franc-Moisin : une opération exemplaire à reproduire ?
L’opération menée sur le quartier des Franc-Moisin par l’office public d’habitations de la ville de Saint-Denis   est présentée en exemple par l’ensemble des partenaires du département.
A la fin des années 90, la cité des Franc-Moisin se trouve dans une situation de dépréciation totale, le taux de vacance atteignait alors des taux inquiétants.
Parallèlement, la commune devait faire face à une demande croissante de logement de la part des jeunes.
En partant de cette situation, l’office public a décidé d’expérimenter une action visant à répondre à la demande des jeunes, tout en revitalisant le site.

En 1998, le bailleur réhabilite donc 80 logements de type F2 afin de les louer, partiellement aménagés, à des jeunes majeurs de moins de 30 ans. Les logements sont loués à des personnes aux ressources modérées (inférieures à 830 €). Les locataires ne sont pas soumis au versement d’une caution et sont exemptés des charges locatives.
En sont exclus les étudiants.
Lorsque les ressources du locataire le lui permettent, le logement reprend son statut de logement de droit commun. Généralement, les jeunes quittent alors les lieux pour accéder à leur propre logement. Le taux de rotation permet la libération d’une dizaine de logements par an.

Pour mener à bien ce programme, une assistante locative porte une attention toute particulière à ces occupants. Selon Saint-Denis Habitat, « ce programme est perçu comme un levier, une aide à l’insertion en vue de réaliser un parcours résidentiel harmonieux ».

Accessible à l’origine à l’ensemble des jeunes vivant en Seine-Saint-Denis, ce programme s’adresse dorénavant aux habitants de Saint-Denis. Le partenariat (qui a été associé à toutes les phases du montage) s’est également recentré sur les acteurs locaux, et non plus départementaux. Les dossiers sont actuellement traités par les services de Saint-Denis.
Le secteur logement de la commune a créé un secteur spécifique pour les décohabitants, ce qui accélère la durée d’attente et permet de répondre plus efficacement à la demande.
L’information de ce dispositif est véhiculée principalement par le service logement.

Les résultats sont tout à fait probants : l’ensemble des logements est occupé, la vacance a disparu et la représentation du quartier évolue progressivement dans un sens positif. La revitalisation du site a pu se produire grâce à un ensemble d’actions sociales et urbaines (désenclavement, aménagement des espaces extérieurs, implantation d’équipements de proximité de qualité …).

La réussite d’un tel projet, reconnue à l’échelle du département, n’a pas enclenché d’autres actions analogues. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer que ce dispositif n’est pas fait d’émule : le contexte local très particulier (vacance concentrée sur un même site, quartier délaissé, forte prise en considération des besoins des jeunes par la municipalité), la difficulté à mobiliser un partenariat sur une opération longue, la frilosité de certains décideurs, les blocages financiers …

La question de la transposition d’un tel programme se pose.

Elargir l’offre par la restructuration du bâti : une expérience particulière ?

L’immobilière les 3F a restructuré des grands logements (F5) en petites unités (studios / F2).
Ces actions ont été menées sur les communes du Blanc-Mesnil, d’Aulnay-sous-bois, de Sevran et de Stains.
Une trentaine de logements par site a été concernée permettant le doublement de l’offre (passage de 30 à 60 logements).
Ces logements étaient tous concentrés dans les mêmes halls d’immeuble ce qui provoquait une nuisance sonore. L’idée était donc « d’alléger » les cages d’escaliers. L’objectif de ces actions visait à diversifier la population en proposant plus de possibilités aux jeunes.
Mais l’augmentation de cette offre se fait au détriment des grandes familles.

A noter que le bailleur incite parallèlement les mutations afin de libérer des grands logements lors de situations de sous-occupation, avec un succès faible.

La réussite de ces opérations de restructuration est fluctuante en fonction des sites. Ces restructurations de logements ont permis que des décohabitations se réalisent et l’arrivée de nouveaux candidats, parfois soutenus par des associations d’insertion par le logement.

Dans l’avenir proche, il n’est pas prévu de nouveaux projets de restructuration.

Ce type de projet découle, comme dans l’exemple précédent, d’un contexte très particulier, à savoir la concentration de grands logements.
Cependant, le manque de logements portant aussi bien sur les petits que sur les grands logements n’incite pas à reproduire ce dispositif à une grande échelle, au risque d’accentuer la difficulté d’accéder à un logement pour les grandes familles.

Les projets d’une fédération d’associations : une mise en œuvre impossible ?

Interlogement 93, fédération d’associations oeuvrant dans le domaine du logement, a organisé en octobre 2002 un colloque sur le thème de l’accès au logement des jeunes et des grandes familles.
L’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs a participé à cette journée de réflexion.

S’agissant de l’accès au logement des jeunes, trois projets ont été présentés et discutés. Les trois programmes se voulaient complémentaires en prenant en considération des situations diversifiées permettant, à terme, à l’accès à un logement de droit commun.
L’opération devait ainsi permettre de répondre à des besoins d’urgence (type « auberge de jeunes » pour un public en situation de ruptures), de constituer un parcours résidentiel (type « pension de famille » pour des personnes en insertion) puis de le parfaire (type « studios éclatés » pour des personnes proches de l’autonomie).

L’objectif étant, à terme, de « décliner l’expérimentation », cette nouvelle forme « d’habitat intermédiaire ».

Quel bilan tiré de ce projet plus d’un an après sa présentation et sa validation ?

Le constat est particulièrement négatif : du fait de la cherté des opérations, aucun programme n’a pu se réaliser.

 
4.2 Orientations

La partie propositionnelle émane à la fois des réflexions conduites aux niveaux national et local que des suggestions formulées par les acteurs rencontrés dans le cadre de ce rapport.

Un consensus existe sur le contexte général, à savoir l’urgence de sortir de cette situation de crise du logement, qui affecte plus sensiblement certains segments de la population, dont celui des jeunes.

Si de nombreuses initiatives fleurissent sur le terrain, les partenaires déplorent l’absence de pilotage départemental permettant impulsion et mise en œuvre effective.

En effet, la volonté et la mobilisation des acteurs de la Seine-Saint-Denis ne demandent plus à être démontrées. Manque, ce que réclament de nombreux partenaires, une clarté politique et stratégique dans la perspective d’un engagement d’ampleur et dans le temps sur la question du logement des jeunes.

L’impératif d’une stratégie d’ensemble, lisible, ambitieuse et pérenne

Il semble impensable d’imaginer le développement local sans la définition, à l’échelle nationale, d’une politique claire et ambitieuse.
 
La question du logement impose une véritable stratégie permettant d’agir de manière globale, et non pas tronçonnée. L’ensemble des aspects de l’habitat doit donc être pensé dans le cadre d’un système. Cette question nécessite l’élaboration d’un schéma général, à l’aune de ceux mis en place dans les domaines de l’emploi, de l’éducation ou encore de la santé.

Le pendant de la notion de « santé publique » pour le logement ne pourrait-il pas voir le jour dans un avenir prochain ?

La diversification des formes d’habitat (du squat jusqu’à la propriété en passant par l’ensemble des formes d’hébergement et de location) prend des proportions encore inégalées. Une politique efficace voudrait qu’une réflexion et qu’un programme d’actions prennent en compte l’ensemble des aspects, en considérant les interactions mutuelles.

Dans cette logique, la segmentation entre l’hébergement et le logement n’a plus de raison d’être. Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées considère que « le regroupement dans les mêmes mains de la responsabilité du logement et de celle de l’hébergement serait de nature à permettre une meilleure articulation ».

D’aucuns considèrent la pertinence de mettre en œuvre un « droit au logement opposable ». Ainsi le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées le définit-il, dans son dernier rapport, comme « un droit qui donnerait à la collectivité, non plus une simple obligation de moyens, mais une obligation de résultat comme il en existe depuis longtemps en matière d’accès aux soins ou à l’éducation. […] le logement étant une condition de l’exercice de la citoyenneté ».

Dans cette mouvance, le secteur associatif a créé en octobre 2003 une plate-forme pour un droit au logement opposable, dont il serait intéressant de suivre les avancées.

Le Président de la République n’a-t-il pas proclamé, lors d’une visite récente à l’étranger   que « le premier des droits de l’homme, c’est de manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat »?

Outre la mise en place d’une stratégie relative à l’habitat, la population des jeunes appelle également à l’élaboration d’une politique volontariste, avec les moyens pour une mise en œuvre effective. Alors que la petite enfance ou encore les personnes âgées bénéficient, et ce à juste titre, d’une stratégie nationale déclinée localement, les jeunes subissent une approche parcellaire. L’entrée se faisant soit par une catégorisation de la population (les étudiants, les jeunes en parcours d’insertion…), soit par une approche thématique (la santé des jeunes, l’emploi des jeunes…).

L’essence même de la jeunesse tient en sa flexibilité, avec des passages courants et nécessaires d’un statut à un autre. Aussi, apparaît-il comme une évidence d’élaborer, au niveau national, une stratégie relative à la jeunesse. L’idée serait de se dégager des politiques segmentées pour penser un système de la promotion sociale, au sens élargi du terme, des jeunes.

Les différentes politiques thématiques manquent en effet d’orchestration unique.

Le logement des jeunes s’inscrit bien dans cet ensemble, étant un aspect de la question de la jeunesse qu’il semble vain de segmenter des aspects éducatif, sanitaire ou encore culturel.

Aussi, et uniquement dans ce cadre, est-il envisageable de réaliser un plan-cadre d’accès à l’habitat pour les jeunes. Schéma revendiqué par de nombreux partenaires afin de préciser les orientations à suivre dans une logique globale.
Ce plan devant se donner l’objectif d’aider à la réalisation des parcours résidentiels des jeunes, en prenant en compte le contexte actuel.
Un tel plan pourrait comporter deux phases, en étroite articulation, une politique de prévention (afin de se prémunir, au mieux, des situations d’urgence particulièrement déstructurantes) et une politique de promotion sociale, étant donné que le processus de décohabitation fait partie intégrante de la construction de l’individu.
La politique de prévention viserait en priorité les moins de 23 ans, tandis que la politique de promotion sociale ciblerait davantage les plus de 23 ans.

Cette stratégie nationale de l’habitat en direction des jeunes devrait permettre d’impulser des politiques locales ancrées dans une logique d’ensemble et visant à un rééquilibrage géographique, basé sur l’idée de solidarité.

Décentralisation II :  vers une régionalisation du logement ?

La deuxième étape de la décentralisation tend à renforcer le poids des collectivités territoriales, dont en tout premier lieu celui des Conseils régionaux.
A l’heure actuelle, le logement n’est pas une compétence obligatoire des Régions. Pour autant, certaines d’entre elles ont pris l’initiative de s’engager dans ce domaine, tel le Conseil régional d’Ile-de-France.
Par ailleurs, du fait que les Régions ont en charge les questions relatives à la formation et aux études supérieures, les jeunes font naturellement partie de leur public-cible.
La décentralisation pourrait accentuer les missions actuelles des Régions dans le domaine de la formation et inaugurer de nouvelles compétences dans le champ de l’habitat.

La situation particulière de l’agglomération francilienne demande un traitement, si ce n’est spécifique, tout au moins adapté. Les regroupements de communes, bien que nécessaires et à encourager, ne suffisent pas et doivent s’inscrire dans une logique plus vaste.
Il semble en effet difficile de concevoir une politique équilibrante, ou pour l’heure rééquilibrante, en dehors d’une approche régionale. La régionalisation pourrait permettre d’atténuer les différences criantes d’un département à l’autre, d’un secteur à l’autre.

Le renforcement de certaines compétences (celle de la formation des jeunes) et le transfert d’autres (comme l’habitat) permettraient d’atteindre une cohérence générale, avec la possibilité de définir, de manière opérationnelle, les actions à mettre en œuvre. Il semble, pour le moins, logique que les Régions obtiennent compétence en matière du logement des étudiants et apprentis.

Pour ce faire, la Région doit disposer d’une politique foncière volontariste, avec l’objectif affirmé de réguler le marché foncier. 
Au niveau de l’agglomération francilienne, l’approche régionale étant fondamentale en vue d’un rééquilibrage, d’autres structures pourraient prendre cette direction.
Ainsi, à titre illustratif, les CROUS pourraient évoluer d’une segmentation par Académie à une organisation régionale.

Toutefois, il semble acquis qu’un développement régional harmonieux ne peut faire l’impasse sur la valorisation des sites infra-régionaux

Dépasser la représentation caricaturale de la Seine-Saint-Denis

Bien que des évolutions aient vu le jour, le département de la Seine-Saint-Denis persiste à véhiculer des images négatives qu’il s’agit de dépasser. Modifier la représentation de ce département est donc un impératif primordial pour son développement durable.
L’amélioration de l’image d’un territoire produit aussi bien des effets internes qu’externes. Les répercussions infra-départementales donnent reconnaissance et crédibilité à la population et aux acteurs locaux. Les conséquences extra-départementales sont de l’ordre d’une relance de l’attractivité, démographique et économique.

Bien sûr, modifier la perception d’un site ne s’impose, ni ne se décrète.

Cependant, une communication ciblée des actions réalisées peut permettre de faire évoluer sensiblement les mentalités.
Outre l’implication de nombreuses structures internes au département, des relais extérieurs peuvent être mobilisés. La Caisse de dépôts et consignation (CDC) ou Dexia peuvent, par exemple, promouvoir le département en vue d’inciter les investisseurs à s’engager.

Le partenariat local : clef de voûte du développement territorial

La valorisation territoriale, évoquée ci-dessus, nécessite une cohésion partenariale avérée, qui passe par une connaissance et une reconnaissance de l’ensemble des acteurs.

L’entrelacement d’une logique globale (à l’échelle du département) et de mises en synergie locales doit s’opérer.

La question de l’intercommunalité devrait notamment répondre à cette logique d’ensemble en visant une complémentarité satisfaisante des territoires.
Bien que lentes, voire laborieuses, des approches intercommunales émergent. Les soutenir, mais également les susciter, devrait être un objectif des instances publiques afin d’accélérer un processus, à priori, inexorable.

Des observatoires intercommunaux de la demande et des besoins en logement pour les jeunes pourraient voir le jour, avec une déclinaison opérationnelle dans les Programmes locaux de l’habitat (PLH). Les Conférences sur le logement devraient, pour une efficacité totale, se mener à l’échelle intercommunale.

Outre l’intercommunalité, la question du logement des jeunes nécessite une inscription affirmée dans les plans stratégiques, et en premier lieu, au sein du Conseil départemental de l’habitat (CDH) et du Plan départemental d’accès au logement pour les personnes défavorisées (PDALPD). Le thème du logement des jeunes demande davantage que des interventions ponctuelles ; il nécessite bien une attention constante. Des objectifs, quantitatifs et qualitatifs, doivent être définis et évalués en temps réel.

En y développant systématiquement un volet relatif au logement des jeunes, les PLH deviendraient des outils de programmation essentiels. Par le fait, la problématique du logement des jeunes devrait être systématiquement intégrée aux projets de requalification des quartiers (notamment dans le cadre des GPV )

La confrontation de mentalités, de modalités d’action ou encore de méthodes de travail variés ne peut qu’enrichir le débat et permettre la conception de projets pertinents.
Aussi semble-t-il indispensable que l’ensemble des partenaires (y compris le secteur associatif et des représentants de jeunes) soit associer dans les différentes instances locales du logement.

Le maillage ne peut être complet sans que des coopérations plus ciblées soient favorisées.
A titre illustratif, l’émergence de projets nécessite le renforcement du partenariat unissant travailleurs sociaux, maîtres d’œuvre et décideurs.
Dans la même logique, le partenariat devrait être accentué entre les universités, le CROUS et les collectivités.
Le développement de la collaboration avec le secteur psychiatrique est préconisé. Des conventions de partenariat pourraient se généraliser entre les secteurs psychiatrique et associatif.
Enfin, le dernier exemple vise à une synergie plus efficace, notamment dans le cadre de copropriétés dégradées, entre les opérateurs HLM (maître d’œuvre), les PACT (gestion locative) et les associations (gestion de proximité et accompagnement social).

Le département est dépourvu d’un outil favorisant à la mise en synergie des partenaires, à savoir le CLLAJ . Ces structures sont à la fois des outils de développement territorial d’une offre nouvelle destinée aux jeunes par des actions de captation du parc et un prestataire de gestion locative, via l’ALT , la sous-location ou encore les baux glissants.
Les CLLAJ permettent d’intensifier les contacts entre les bailleurs et les missions locales, ou toute autre forme partenariale.
Des ratios ont été définis préconisant l’existence d’un CLLAJ par bassin d’habitat.
Outre la complexité de créer ce type de structure, la difficulté majeure réside dans l’absence de financements pérennes émanant de la puissance publique. Aussi, serait-il impératif que les financements ne se cantonnent pas à la création de ce type de dispositif mais permettre leur fonctionnement durable.

Enfin, cette architecture d’ensemble ne peut se maintenir, ni même exister, sans la création d’une structure départementale permanente de coordination sur le logement des jeunes.
Des représentants des instances institutionnelles, des opérateurs et du secteur associatif (dont des associations de jeunes) participeraient aux réflexions de cet organe.
Sur l’instance de l’Etat et du Conseil général, le pilotage pourrait être mené par une structure départementale ou par la création d’un poste à cet effet.

Cette instance agirait à la fois en amont, en recensant les expériences en vue de les mutualiser et de les reproduire et en aval, en soutenant les initiatives locales.

L’avantage de ce type de dispositif est donc multiple, permettant à la fois d’actualiser en permanence le bilan de la situation, de quantifier et qualifier les besoins en construction et restructuration, d’informer les acteurs, de soutenir les projets mais également d’être vigilant sur l’attention portée par les politiques au thème du logement des jeunes. 

 Une nécessité impérative et absolue : la construction

Il semble superfétatoire d’insister davantage sur le besoin grandissant de logements accessibles et salubres.
De plus, « avec trois logements construits pour 1 000 habitants », comme le rappelle le dernier rapport du Haut comité, « l’Ile-de-France se situe aujourd’hui à l’avant dernière place des régions françaises ».

Exiger la mise en place d’un programme de constructions nouvelles ambitieux, avec le renforcement à la clé des aides à la Pierre, s’apparente donc à une évidence, utile toutefois à rappeler.
Accroître l’offre de logements adaptés s’impose.

La question du type de logement à bâtir, voire du lieu d’implantation, se pose.

L’idée défendue par les principaux acteurs serait d’élargir le choix résidentiel, en proposant l’ensemble du spectre de logements, depuis l’hébergement d’urgence jusqu’à des programmes d’accession à la propriété, en passant par le secteur locatif.

Le parc locatif demande à s’étoffer à tous les niveaux, avec une attention particulière pour la location sociale, voire très sociale. Pour autant, l’offre locative dite intermédiaire (privée et publique) doit également être présente.

Outre la mobilisation des bailleurs sociaux, la recherche d’investisseurs privés institutionnels peut être préconisée, notamment dans la perspective de la création de petits logements, situés à proximité des transports en commun et mitoyens des zones de développement économique. Les programmes intermédiaires, et surtout sociaux, devraient être stimulés.

A ce parc classique doit s’ajouter des structures spécifiques pour les jeunes, tels que les foyers de jeunes travailleurs (FJT) ou les cités universitaires.

A l’échelle de l’académie de Créteil, la Direction régionale de l’équipement préconise la création de 10 000 logements supplémentaires pour étudiants, dont 7 000 logements à caractère social.
L’hypothèse que la moitié de ces logements pour étudiants soit créée en Seine-Saint-Denis ne semble pas aberrante.
Au niveau de la typologie du bâti, les interlocuteurs envisagent des solutions diverses, allant de petites unités résidentielles à la création d’importantes résidences universitaires. Cependant, une majorité d’acteurs privilégie des programmes de taille intermédiaire, à savoir des unités de 100 à 200 lits avec des services annexes. Le lien avec les pôles universitaires pourrait permettre de valoriser la présence des universités du département.
Enfin, le financement des résidences universitaires se pose : l’hypothèse d’un financement propre est formulée.
Certains interlocuteurs suggèrent que les communes mettent des terrains à disposition, d’autres que les constructions se fassent sur des terrains propriétés de l’Etat.

Le manque de places en FJT étant patent, la nécessité d’en construire de nouveaux s’impose. Les acteurs locaux évaluent les besoins à 600 places, soit la construction de six FJT de taille moyenne, dispersés sur le territoire départemental.

L’hébergement temporaire classique pour étudiants (cités universitaires) et jeunes actifs (FJT) pourrait être complété par un dispositif expérimental.

Il semble en effet impératif de proposer des formules innovantes pour des personnes, par définition, mobiles (les étudiants, les apprentis, …). Les solutions actuelles ne répondent qu’imparfaitement à ce type de besoins.
Il serait ainsi envisageable de réaliser de l’habitat autonome permettant l’accueil pour une durée courte (1 à 3 ans) des jeunes en formation ou en premier emploi. Ce type d’habitat pourrait préparer à la décohabitation.
Pour répondre à une mobilité accrue, de nouveaux contrats de location, plus souples, devraient permettre l’accueil de jeunes en formation (pour une durée équivalente à une année scolaire, soit 9 mois).

Des formules d’hébergement d’urgence et d’insertion sont à créer dans l’objectif d’un accès à un logement de droit commun. Devront être évités la stigmatisation des jeunes et leur enfermement dans un système hermétique. Proposer une variété de solutions, répondant au mieux aux besoins, sera recherché.
Les résidences sociales semblent adaptées à une partie des jeunes.
La création de « maisons-relais » permettrait l’accueil de jeunes sortant des structures d’urgence, dont les hôpitaux. Les objectifs portent sur l’ouverture de 4 « maisons-relais » à l’horizon 2006.
Le développement de logements agrées en ALT-insertion (avec accompagnement social) pourrait également être préconisé pour des jeunes en parcours d’insertion. Les pouvoirs publics évaluent les besoins à la création d’une centaine de places, nécessitant le recrutement de quatre travailleurs sociaux.
Les pouvoirs publics devront porter une attention particulière à la situation des jeunes errants. Un plan départemental, avec objectifs et moyens financiers, pourrait se mettre en œuvre.

Aux différents hébergements pourraient être associés des structures d’accueil de jour. Le ratio d’un accueil de jour par commune de plus de 30 000 habitants est avancé. L’idée étant de revenir à une logique d’équipe de prévention, quelque peu délaissée.

Enfin, quelque soit le type de construction, le choix de la localisation est crucial. La question de l’environnement urbain doit être prise en compte. Eviter les quartiers excentrés et relégués devrait être une constance des opérateurs, sous le regard attentif des institutions publiques.
A l’inverse, privilégier les sites mitoyens des transports publics, des centres de formation, des zones de développement économique et des services de proximité devrait être un impératif.

 A cette production nouvelle doit être associée le parc de logements actuel.

La captation de l’existant

La mobilisation du parc de logements doit se réaliser sur l’ensemble du patrimoine, privé et public.

En revanche, les experts de l’accession à la propriété ne recommandent pas, voire déconseillent, de donner une véritable ampleur à cette formule. Ils jugent la nécessité, au préalable, de posséder une « culture de locataire ».
L’idée étant davantage de soutenir, au cas par cas, les projets les plus solides. Des structures non bancaires (comme l’ADIL) pourraient vérifier la viabilité de l’accession à la propriété pour des personnes jeunes en réalisant des « bilans de capacité à acheter ».

S’agissant de la location dans le parc privé, des mesures fiscales existent afin d’inciter les propriétaires à mettre leur logement sur le marché. Ces dispositifs incitatifs gagneraient en efficacité
en exigeant des contreparties sociales, c’est-à-dire en réintroduisant des plafonds de ressources.
Pour l’heure, l’investissement de Robien ne semble pas favoriser l’accès des jeunes à un logement.
Reste donc la tâche ardue de mobiliser les propriétaires à mettre leur bien en location à des jeunes.

Le montant des aides financières pour la remise en état des logements devrait être réévalué. Des associations peuvent obtenir un mandat de gestion du logement, avant de rétrocéder le bien, réhabilité, au propriétaire.
Des appartements pourraient être concernés par ces travaux mais également des maisons. La Seine-Saint-Denis dispose, en effet, d’un patrimoine notable de pavillons, nécessitant parfois une réhabilitation. Dans ce cas, les propriétaires-occupants pourraient louer une partie de leur bien. Une approche intergénérationnelle est envisageable.
La prudence doit cependant être de mise. En effet, nombreuses opérations de division de pavillons ont été menées par des propriétaires indélicats.
Un cadrage et un suivi sont nécessaires pour éviter des dérives préjudiciables aux locataires.

Le conventionnement du locatif privé, permettant des hauteurs de loyer abordables, ne se pratique guère dans les zones de marché tendu, dont la Seine-Saint-Denis.
Rendre le système d’aides incitatif dans ces zones serait une réforme à mener.

Alors que certains jeunes envisagent une colocation, la législation n’est guère sécurisante, ni pour le propriétaire, ni (en premier lieu) pour les colocataires. Aussi, cette forme d’habiter demanderait à être sécurisée, en annulant la solidarité des colocataires.

Les structures en lien avec la jeunesse (associations spécialisées, FJT, missions locales …) pourraient être soutenues dans leur recherche de logements du parc privé dispersés dans le diffus. Aussi, une attention particulière nécessite d’être portée à l’association immobilière à vocation sociale du département (AIS 93) afin de faciliter sa mission, à savoir élargir son panel de logements accessibles.

Bien que le parc social n’ait pas été conçu pour les jeunes, il semble à l’heure actuelle fondamental de l’ouvrir à grande échelle aux jeunes.

Une politique d’attribution ciblée pourrait favoriser les jeunes à accéder à un premier logement, par une inscription sur des listes spécifiques, comme cela se pratique déjà au sein de quelques communes. Ces accès « fléchés » pourraient privilégier à la fois les décohabitations « d’enfants » de locataire que la venue de jeunes sans lien avec le bailleur.
Des financements spécifiques pourraient être individualisés afin de permettre aux bailleurs sociaux et porteurs de projets de réaliser des remises en état de logements et d’acquérir du mobilier.
Bien que des expériences aient déjà été tentées sans grand succès, des échanges d’appartements pourraient être facilités.
En revanche, il ne semble guère propice de reproduire à grande échelle des expériences de transformation de grands appartements en petits logements. Expériences répondant à des contextes trop spécifiques pour pouvoir les généraliser.
Enfin, face à la crise actuelle, le « déconventionnement » d’une partie du parc social (notamment des filiales de la CDC et des sociétés du 1%) semble pour le moins inopportun.

La période où le taux de vacance pouvait faire espérer une fluidification du marché du logement a pris fin. Cependant, bien qu’actuellement marginale, il serait pertinent de la traiter au mieux, notamment en proposant dans le parc privé des produits attractifs pour les propriétaires et les locataires. Rappelons que la vacance dans le parc social s’avère encore davantage anecdotique.

Compte tenu qu’une partie du parc demande une requalification urbaine, ou pour le moins une réhabilitation, il serait pertinent de relier avec davantage de systématisme l’urbain au social dans le cadre de la Politique de la ville (GPV, opérations de renouvellement urbain …) ou tout projet de restructuration (OPAH, Plan de sauvegarde …).

Des interlocuteurs suggèrent de réhabiliter une partie du patrimoine architecturalement atypique du département en vue d’une location à des jeunes dont l’originalité du bâti pourrait convenir. Des projets ne pourraient-ils être menés, à titre expérimental, sur le patrimoine Renaudie ?

Globalement, le soutien à l’émergence de projets novateurs et aux expérimentations, en vue d’une déclinaison à une plus grande échelle, ne peut que permettre le développement d’un territoire. Les opérations ayant fait leur preuve pourraient être présentées aux collectivités territoriales comme des modèles à reproduire en les adaptant au contexte local. La promotion de l’opération menée aux Franc-Moisin, mais également le programme en cours d’expérimentation à Epinay, pourrait être assurée par la future instance départementale de coordination sur le logement des jeunes.
Compte tenu des difficultés d’initier de telles actions, des projets pourraient être menés, dans un premier temps, au sein de deux ou trois communes.

L’information : outil de l’opérationnalité

La connaissance complète du marché du logement, ses rouages, ses acteurs et ses dispositifs, est un préalable fondamental pour le montage de toutes formes de projets.

Qu’il s’agisse des professionnels, dans leur besoin constant d’échange d’expériences. Une mise en réseau transpartenariale s’impose avec une diffusion large de l’information ;

Qu’il s’agisse des propriétaires, dans leurs besoins d’informations technique et juridique. Une campagne d’information en leur direction, via des fédérations professionnelles ou des structures comme l’ADIL, permettrait de mettre sur le marché des logements actuellement en jachère. L’objectif serait d’atteindre des « petits » propriétaires en manque d’information sur les dispositifs existants (comme le LOCA PASS ou les incitations fiscales) ;

Qu’il s’agisse des jeunes, dans leurs besoins d’éclairage sur les rouages du marché du logement. Le développement de dispositifs d’accueil / information / orientation doit être préconisé.
 

Permettre véritablement autonomie et responsabilisation des jeunes

La responsabilisation de l’individu passe par une approche éducative, et si nécessaire, préventive.
Habiter son logement, vivre son logement, ne sont pas pour un jeune des évidences.
Aussi, un accompagnement dans le processus de décohabitation n’est-il souvent pas superflu.

Les ateliers de recherche de logement ont fait leur preuve. Nécessitant un programme précis et une implication d’une myriade d’acteurs, ces ateliers imposent un travail préparatoire intense. Dans le cas contraire, les échecs sont patents.
Bien encadrés, ces ateliers devraient être développés, popularisés et s’ouvrir à un public diversifié.

Bien que ne répondant pas à cet objectif initialement, ces ateliers peuvent permettre aux jeunes de dépasser des blocages conduisant à des phénomènes d’autocensure (sous-inscription au CROUS, sur les listes de demandes de logements sociaux …).

Ces ateliers s’insèrent dans la volonté actuelle de modifier le système social encore trop centré sur l’insertion professionnelle pour une prévention et un soutien social élargis à l’ensemble des champs de la vie des individus.

Accéder à un premier logement demande souvent un soutien, financier et social, temporaire. Aussi, la Seine-Saint-Denis a-t-elle créée un dispositif FSL pour les jeunes, qui cependant ne répond pas aux objectifs escomptés.
Aussi, serait-il intéressant d’adapter ce FSL afin de le rendre réellement efficace.
Les critères de sélection pourraient être légèrement modifiés, permettant par exemple l’accès au « FSL jeunes » à des couples ou encore à des étudiants en difficulté, notamment étrangers.
La gestion du dispositif pourrait se faire à l’échelon départemental, en vue d’un traitement totalement homogène des demandes.

L’accès passe également par le LOCA PASS.
Les collecteurs ne disposant pas de compétence en matière de contentieux, certains partenaires souhaiteraient que cette question –qui risque de prendre de l’ampleur avec la montée en puissance du LOCA PASS- soit posée.
Faudrait-il élargir les missions des collecteurs ou permettre une articulation parfaite avec les services sociaux ?

De plus, certains bailleurs privés seraient dans une surenchère de garanties. Il pourrait sembler utile de limiter, par voie réglementaire, ce phénomène.


Une fois dans les lieux, les jeunes bénéficient très souvent d’aides à la personne, dont quelques adaptations permettraient une efficience plus complète.
Ainsi, la suppression du mois de carence pourrait-elle être préconisée.
Une meilleure prise en compte des charges réelles s’avère également indispensable.


Enfin, dans un autre domaine, il semble indispensable de réévaluer la taxe locative. En effet, les études montrent le paradoxe d’un département où les ressources par habitant sont les plus faibles de la région alors que le taux d’imposition est supérieur de trois points à la moyenne francilienne.


La question du logement des jeunes bute systématiquement sur la solvabilisation de la personne. Dans le contexte actuel, qui a profondément évolué au cours des quinze dernières années avec notamment une paupérisation de la jeunesse, est-il toujours inenvisageable d’allouer un RMI à des jeunes ?
Le RMI jeune ne pourrait-il pas être davantage perçu comme une aide à l’indépendance que comme un enfermement dans un système d’assistanat ?
Afin que cette allocation atteigne son objectif, à savoir l’autonomie du jeune par le passage à la vie adulte, un travail social au plus près de la personne s’imposerait. Une expérimentation pourrait se mettre en œuvre sur des personnes dont la très grande précarité nuit à leur développement ?

 


 
Liste des principales personnes rencontrées ou contactées

Etat

Ministère équipement (DGUHC), Patricia AKODJENOU, chargée d’études
DREIF, Gérard MONTEL, chargé d’études (habitat privé) et Pascal VEDIE, statisticien
Préfecture, Marc WENNER, responsable service logement
DDASS, Martine DALET, en charge des dossiers « jeune »
DDE, Elisabeth FIEVET et  Chantal NIASSOU, chargées d’études
DDTEFP, Selim AMARA, chargé de l’apprentissage et de l’alternance

Collectivités territoriales

Conseil régional IDF,  Patricia BOUILLON, chargée de mission logement des jeunes
Conseil général 93, Sophie VILLA, chargée d’études

 Autres institutions

CDC, Catherine BOILLOT, directeur territorial Seine-Saint-Denis et Val-d’Oise
DEXIA, Claude GAUTIER, directeur régional

Union sociale pour l’habitat, Patrick KAMOUN, conseiller
Saint-Denis Habitat, Monique CONCHON, responsable du service mobilités résidentielles et 1% patronal
Immobilière 3F, Martine INGRATO, conseillère sociale

CROUS (Académie de Créteil), Philippe EDMOND, chargé de mission, chef de projets immobiliers

Secteur associatif

ALJM, Stéphane LAURENCEAU, chef de service
ALJT, Marie-Jeanne FOSSATY, directrice du FJT de Saint-Denis
DEVENIR, Bernard MOULIN, directeur
ESSOR 93, Philippe MARTEL, directeur
FNARS, Raphaëlle BETTON et Anne-Cécile JACQUOT, chargées de mission
FREHA, Jean-Pierre TOURBIN, directeur
INTERLOGEMENT 93, Bruno MOREL, directeur
Mission locale de la LYR, Isabelle JEANNES, directrice
PACT ARIM, Antoine PATIER, délégué régional (union régionale) et
Eric MALEVERGNE, chargé de mission, (fédération nationale)

Entreprises privées

Chambre des Propriétaires de Paris, Paul PHILIPPOT, délégué général
CPLOS (comité paritaire du logement des organismes sociaux), Pascale BRON, responsable du LOCA-PASS
SABIMMO, Danielle DUBRAC, syndic de copropriété / administration de biens immobiliers

Institut de recherche, bureaux études et centres de documentation

INSEE, Alain JACQUOT (exploitation ENL)
ORGECO, Sonia PIETTRE et Noémi BERNARD, chargées d’études

Centre de documentation du ministère de l’Equipement
Centre de documentation de l’IAURIF
Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ)
  

Bibliographie sommaire

INSEE/IAURIF, Atlas des Franciliens, tome 1, Territoire et population, 2000
INSEE/IAURIF, Atlas des Franciliens, tome 2, Logement, 2001
INSEE/IAURIF, Atlas des Franciliens, tome 3, Population et modes de vie, 2002

IAURIF, les cahiers de l’habitat, supplément habitat n° 25, octobre 1999
IAURIF, les cahiers de l’habitat, spécial assises du logement, hors série, février 2003
IAURIF, note rapide (n° 336) sur l’éducation et la formation (n° 1), Les étudiants en Ile-de-France en 1999 : portrait, mai 2003
IAURIF, Catherine Mangeney, Histoire familiale et proximité résidentielle, supplément habitat n° 26, février 2000

INSEE, Ile-de-France à la page, Population, logement, activité en Seine-Saint-Denis, n° 190, octobre 2000.
INSEE 2000, Colette Galant (sous la direction de), Les jeunes, 2000
INSEE Première, Isabelle Robert-Bobée, Parmi les jeunes ne vivant plus chez leurs parents, les étudiants sont les plus aidés par leur famille, n° 826, février 2002
INSEE Première, F.Dubujet, Les déménagements forment la jeunesse, n° 647, mai 1999
INSEE Première, Marion Daubresse, La reprise de l’accession à la propriété, n° 913, juillet 2003
INSEE, Division logement, Sabine Bessière et Anne Laferrere, Aux marges du logement : résidences multiples, résidences partielles, cohabitation et hébergement d’après l’enquête logement 1996 / 97
INSEE/CRETEIL, Jean-Claude Driant et Christelle Rieg, Les conditions de logement des ménages pauvres : une approche statistique, octobre 2003

CNH (Conseil national de l’habitat), rapport du groupe de travail sur : Le logement des jeunes, février 2001
CNH, Jean-Louis Berho (sous la direction de), rapport couverture logement universelle, janvier 2002

Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, Droit au logement : construire la responsabilité, 9ème rapport, novembre 2003

Sénat, Jean-Pierre Schosteck, rapport fait au nom de la commission des Lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale sur le projet de loi relatif aux responsabilités locales, Sénat, session ordinaire de 2003/04

CDH (Conseil Départemental de l’Habitat) de Seine-Saint-Denis, dossier du CDH du 13 juin 2003

Conseil général de Seine-saint-Denis, ORGECO, Identification des principaux enjeux de la politique du logement en Seine-Saint-Denis. Première phase : éléments de diagnostic sur l’habitat et les réalités socio-démographiques, mars 2003

DREIF et DDE 93, données extraites de la base de données Sitadel, 2002
DREIF, Alain Sinou, Etude sur le logement social étudiant dans l’Académie de Créteil, septembre 1999
DREIF et AFFIL, Philippe Almy, MOUS : développement de l’accès au logement des jeunes adultes en difficultés ou défavorisés en région Ile-de-France, 2001

DDASS 93, Schéma d’accueil, d’hébergement et d’insertion du département de la Seine-Saint-Denis 2003-2006, novembre 2003
DDASS 93/COPAS, Diagnostic partagé sur l’errance des jeunes, décembre 2001
DDASS 93, Xavier Bohers, Bilan 2002  du dispositif ALT (Aide au logement temporaire)

CAF 93, Le logement et l’habitat en Seine-Saint-Denis : l’action de la CAF dans le domaine du logement, janvier 2003

FSL, groupe de travail «logement des jeunes en Seine-Saint-Denis», rapport sur le logement des jeunes en Seine-Saint-Denis, mars 2002

CESR, Marie-Paule Roumieux, Le logement des jeunes en Ile-de-France, mai 2001

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